Non, il ne s’agit ni d’une faute d’orthographe ni d’un éditorial
commandité par la SNCF, mais bien du Care, du vrai, pas celui qui a
agité le monde politique il y a quelques semaines avant que le
chaos médiatico-politico-sportivo-scandalo-juridico-économique (vous
pouvez intervertir les propositions) ne l’engloutisse
complètement.
Le Care primitif est né il y a bien longtemps ;
plus précisément dès que les animaux ont eu assez de cerveau pour
développer un peu de compassion et d’empathie afin de s’entraider (les
éléphants, les dauphins, les grands singes le font…). La langue
anglaise a l’avantage d’être très concise et de pouvoir exprimer en un
seul mot des idées complexes que nous devons formuler en français en
plusieurs phrases. Le Cure, c’est l’acte de traiter pour obtenir une
guérison si possible définitive. Les soignants que nous sommes ont
surtout été formés à cet aspect de la médecine et se sentent démunis
devant la maladie chronique et inguérissable qui demande du Care. Le
Care, c’est prendre soin dans un but préventif, mais aussi pour
soulager, pour aider, pour accompagner.
Les médecins, et plus
généralement les soignants peuvent le faire, mais de plus en plus de
non soignants sont amenés à s’investir plus ou moins volontairement
dans ce type de prise en charge. Il peut s’agir d’une personne faisant
partie d’une association d’aide à domicile, d’un bénévole rendant
visite aux personnes malades et surtout des conjoints de malades
chroniques. Les anglo-saxons appellent ces soignants dans le couple,
des « caregivers » c’est à dire des donneurs de soins. Ils donnent du
soin et souvent donnent beaucoup d’eux-mêmes, parfois trop et cela les
fait souffrir.
Cette souffrance est rarement évoquée en France et
pourtant c’est un motif de plainte très fréquent en consultation pour
le couple dont l’un est malade (cancer, insuffisance cardiaque,
accident vasculaire cérébral, maladie d’Alzheimer). On savait déjà que
le tableau d’épuisement du Burn-Out avait été décrit la première fois
chez des bénévoles ayant des fonctions dans les associations
caritatives. On sait maintenant que les donneurs de soin dans le couple
s’exposent à de graves soucis de santé, en particulier au risque
d’accident cardiaque pour les femmes (1). Une étude récente nous montre
que ce risque cardiaque est favorisé par une altération de la fonction
endothéliale qui marque l’étape initiale de l’athérome (2).
Cette
situation de « Caregiver », non désirée, permanente, solitaire, expose
en effet au risque d’épuisement, de colère, de culpabilité, d’anxiété,
de dépression, c’est-à-dire à beaucoup des ingrédients psychosociaux
favorisant l’infarctus.
Donc Gare au Care : prendre soin de
l’autre fait partie de notre humanité, mais il faut parvenir à le faire
en continuant à prendre soin de soi-même. Sachons nous aussi demander
de l’aide aux autres quand cela est nécessaire. A quel moment ? C’est
simple à ressentir : quand nous sommes fatigué, que la personne que
nous soignons nous énerve, et que nous nous sentons en même temps
coupable d’être irritable. Ces signes d’alerte nous indiquent que notre
santé est en danger, ceci aussi bien pour les caregivers bénévoles que
pour les donneurs de soins professionnels. Ne l’oublions jamais :
prendre soin des autres, c’est aussi prendre soin de soi.
LE
M'EDITO N°18 - Mai 2010
Mon
Dieu, mais que va-t-il nous rester ?
Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la crise grecque,
de la
chute de l’euro, du volcan qu’on refuse d’appeler par son imprononçable
nom et qui, pour nous punir de cet affront, risque de perturber à
nouveau le trafic aérien pendant les vacances d’été, de la
pollution du delta du Mississipi par une marée noire qui sent le dollar
à des kilomètres à la ronde, du temps de ce mois de Mai qui nous
pourrit les articulations et ne favorise pas la remontée de notre taux
de vitamine D, du mondial de foot qui aux dires des spécialistes (dont
je ne suis pas) risque de se limiter pour l’équipe de France à un court
séjour dans un palace luxueux …allez j’arrête, ça suffit la coupe (du
monde) est pleine…
Dans cette morosité ambiante, une nouvelle m’a
réjoui le cœur. Sans doute avez-vous remarqué mon intérêt
pour
nos amis les grands singes, en particulier, les chimpanzés dont les
comportements nous invitent quotidiennement à la plus grande modestie.
Pour certains, la capacité de raisonnement, la parole, l’usage des
outils seraient la manifestation de l’humanité. D’autres vous diront
que c’est la conscience de la mort qui marque la limite entre les
humains et le reste du monde animal. Bernique… c’est faux. Une équipe
associant des chercheurs anglais, portugais, japonais a rapporté des
observations mentionnant chez les chimpanzés des attitudes très proches
du comportement humain à l’approche de la mort (soins, caresses,
toilette, silence, éloignement du groupe afin de laisser la descendance
directe veiller le mourant dans ses derniers instants). Certains, de
nature pessimiste, vous diront : « Mon Dieu, mais que
va-t-il
nous rester si les singes se mettent à être plus humains que certains
humains. Bientôt, ils organiseront des matchs de foot et se mettront à
spéculer sur la valeur de la banane et ça fera encore faire baisser
l’euro ». Pour ma part, je ferais plutôt partie des optimistes
réalistes et je suis heureux de voir nos cousins nous rappeler le
meilleur de l’Homme : l’empathie, l’entraide, la douceur, le
respect même dans les moments les plus difficiles.
Ne croyez
cependant pas que mon attitude soit désintéressée : je suis
comme
le plus vénal des traders, j’attends que mon comportement résolument
optimiste me rapporte beaucoup. Je vous donne le super tuyau boursier
de la semaine et surtout ne le gardez pas pour vous. Bien
sûr, il
s’agit plutôt d’un placement de père famille, ne vous attendez pas à
doubler la mise en quelques secondes comme le font certains financiers
fous. Je vous garantis cependant un placement à 22% à 10 ans :
c’est le taux de diminution des accidents cardiaques pour les patients
optimistes comme vient de le montrer pour la première fois
l’équipe canadienne de Karina Davidson.
Investissez massivement
dans l’optimisme, ça demande juste un peu d’effort au quotidien car la
vie n’est pas toujours simple, mais au bout du compte (de la vie) ça
peut rapporter gros… quasiment le bingo, même si la valeur
n’est
pas encore cotée au CAC 40. Elle risque de le devenir si nos amis les
singes Bonobo dirigent un jour le monde…
1. Dora Biro, Tatyana Humle, Kathelijne Koops,
Claudia
Sousa, Misato Hayashi, Tetsuro Matsuzaw. Chimpanzee mothers at Bossou,
Guinea carry the mummified remains of their dead infants . Current
Biology . 2010 April ;20 : 752-59.
2. Davidson KW,
Mostofsky E, Whang W. Don't worry, be happy: positive affect and
reduced 10-year incident coronary heart disease: the Canadian Nova
Scotia Health Survey. Eur Heart J. 2010 May;31(9):1065-70.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°17 - Avril 2010
Prévention
de 7 à 77 ans…
Il arrive un moment où l’être humain admet avec beaucoup de
difficultés que l’éternité ne lui a jamais été promise et qu’il faut
bien quitter ce monde un jour ou l’autre d’une façon ou d’une autre… en
mourant de rire ou de colère comme nous l’évoquions le mois dernier.
Evidence, truisme, lapalissade peut-être, mais parfois en
lisant certaines études médicales on se prend à rêver ou à s’interroger
quand un auteur affirme sans sourire que grâce à telle intervention
médicamenteuse non seulement la mortalité cardiaque baisse (ce qui est
excellent) mais la mortalité globale également (ce qui est sans doute
juste momentanément mais présomptueux quand on connaît le destin de
l’être humain).
Un jour je m’étais permis de demander si diminuer la mortalité
globale signifiait que je risquais de ne pas mourir complètement ou si
au contraire certains pouvaient prétendre à la vie éternelle (qui comme
chacun sait est très longue surtout à la fin…). Je n’ai pas obtenu de
réponse et j’ai été pris pour un esprit rebelle à toute considération
épidémiologique de haut niveau.
Mis à part ces propos dignes d’un comptoir de bistrot, il faut
admettre que faire de la prévention efficace n’est pas chose aisée et
qu’il faut la laisser à des gens sérieux : aucune action n’est
négligeable, certains préfèreront agir juste avant notre mort pour nous
donner droit à un nouveau petit tour de manège et d’autres prendront le
problème à la base, presqu’au berceau.
Ainsi une enquête très sérieuse a mis en évidence une
surmortalité cardiaque importante dans plusieurs établissements de
Lugano où de séduisantes hôtesses faisaient commerce de leurs charmes
auprès de clients venant de la rive italienne du lac (1). Plutôt que de
risquer un conflit international, 38 directeurs de ces lieux de
rencontre ont donc généreusement offert à ces dames une formation
complète à la réanimation cardiaque et au maniement du défibrillateur.
Bien entendu ils n’ont pas omis de leur rappeler que le bouche à bouche
n’était plus de rigueur et qu’il fallait surtout masser avant de
défibriller. Les résultats sur la mortalité cardiaque et globale sont
attendus avec impatience !!!!
Plus sérieusement, il faut citer une idée japonaise absolument
géniale (j’espère que les ingénieurs qui l’ont eu n’ont pas été trop
stressés par leur hiérarchie). De quoi s’agit-il ? Chacun sait que nos
enfants et petits enfants (et pas seulement eux) ont une fâcheuse
tendance à rester les fesses vissées sur leur chaise devant leur
ordinateur ou leur console de jeu. Un grand fabriquant a eu
l’extraordinaire idée de fabriquer une console qui se recharge à l’aide
d’un podomètre (2). Sans activité de marche, impossible de jouer, c’est
simple mais il fallait y penser. Imaginez qu’il faille aller marcher
pour recharger nos ordinateurs… « Chéri je sors marcher, je n’ai plus
de batterie »
Pour ceux qui voudraient relier ces deux aspects extrêmes de
la prévention cardiaque on peut bien entendu imaginer de recharger les
défibrillateurs mis à la disposition de ces dames grâce à l’activité
physique… par exemple la marche.
1. Corriere de la sera. Février 2010 repris par :
www.telegraph.co.uk/.../Swiss-prostitutes-trained-to-use-defibrillators-in-
brothels-to-prevent-clients-dying.html
2. Pokewalker : fr.wikipedia.org/wiki/PokéWalker
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°16 - Mars 2010
Joie,
incompréhension… et LOL
Nous voilà déjà en Mars 2010. Nous sommes parvenus à la phase
finale
de l’évaluation du Projet Meditas, encore quelques semaines et les
résultats définitifs seront disponibles. Les conclusions statistiques
sont froides et dépourvues de cette chaleur humaine qui fait la
richesse de la vraie vie… alors un peu de chaleur dans cet hiver
tumultueux.
A la fin des questionnaires d’évaluation nous avions
laissé une partie de texte libre afin que chacun puisse, selon son
désir, exprimer son expérience et ajouter du vécu à ce projet
d’éducation thérapeutique. Les réponses sont bien entendu anonymes et
c’est la raison pour la quelle nous nous permettons de citer une
réflexion d’un patient : « ce programme
m’a permis d’avoir un outil permanent face au stress. C’est un
médicament pour moi et j’essaie d’en abuser ».
Il
serait facile de disserter sur le sens des mots médicament, médecin,
remède, si proche de medium et d’intermède. Il serait également
passionnant de parler de l’absence d’effets secondaires de la
relaxation. Intéressant mais il faut laisser de la matière pour de
futurs éditoriaux et au présent je préfère m’abandonner au plaisir
joyeux d’avoir lu un tel commentaire.
La joie de ressentir qu’un
être humain a découvert un moyen de progresser sur son chemin de vie,
qu’il a osé franchir une porte. Oser, avoir confiance, parler en son
propre nom, devenir autonome, c’est à dire trouver sa propre loi au
travers de la transmission d’un savoir, allier son propre savoir être
au savoir médical tel est le but d’un programme d’éducation
thérapeutique pour le patient. Le médecin dans cette aventure devient
alors un accompagnateur, une intermède, un catalyseur : il ne sait pas
vraiment où le patient va parvenir et il chemine en même temps que lui.
Chacun s’enrichit de l’expérience de l’autre et parfois en éducation
thérapeutique on ne sait plus qui éduque qui ?
Cette façon
d’envisager la médecine demande cependant beaucoup de respect. Respect
du médecin envers le patient, respect du patient envers le médecin.
Demander aux médecins de changer leur façon de faire, d’envisager le
patient comme un acteur de sa santé et se mettre au même niveau, de
prendre soin dans un rapport horizontal d’égalité et non vertical de
domination est très difficile.
Cela demande beaucoup de confiance
et c’est la raison pour laquelle depuis quelques semaines je baigne
dans un lac d’incompréhension totale. Comment le principal dirigeant du
collectif représentant les patients (CISS) a-t-il pu insulter de la
sorte des médecins libéraux ? Sans doute y avait-il un calcul politique
caché derrière ce propos. Il n’en reste pas moins vrai que je comprends
mal ce discours dans la bouche de quelqu’un qui a contribué à
l’instauration de l’éducation thérapeutique en France. Monsieur S…,
dois-je prononcer votre nom et votre rapport quand on me demande de
convaincre des médecins de faire de l’éducation thérapeutique ? Il
paraît que vous êtes taquin, moi aussi : vous avez joué un très mauvais
tour aux médecins libéraux qui sont comme nous persuadés que
l’éducation thérapeutique est l’avenir de la Médecine.
En vérité
nous savons bien que les hommes sont souvent beaucoup plus petits que
les causes qu’ils défendent ou disent défendre et à titre personnel
nous vous pardonnons cette saillie. Pardonner est indispensable pour
qui ne souhaite pas stimuler de façon inutile son amygdale et risquer
par là même d’augmenter son risque d’infarctus par une colère inutile.
Nous tenions cependant à vous faire part de notre incompréhension car
une étude récente vient de montrer que dans le couple les épouses qui
ne parlent pas de leur ressenti à leur conjoint multiplient le risque
de pathologie coronaire par 3.
Certains pourront rétorquer que je
ne suis pas une femme et qu’heureusement pour moi nous ne sommes pas
mariés… mais si jamais l’improbable se produisait, j’aimerais bien que
vous me promettiez devant le maire de ne pas être trop macho avec moi
et que vous cessiez d’utiliser ce que vous appelez de l’humour et qui
ressemble à s’y méprendre à de la méchanceté… Mais je réalise… si vous
êtes sur notre site c’est sans aucun doute parce que vous souhaitez
vous inscrire à notre programme ?
« Maintenant, Monsieur S,
respirez calmement… expirez lentement et souriez et même LOL comme
disent les jeunes accros du SMS en pensant à la satisfaction de cet
homme qui use et abuse de la relaxation… et voilà c’est aussi simple
que ça… et en plus ça peut rapporter gros… presque autant que… non là
j’arrête, je vous taquinais. »
Ps : pour les nuls des SMS,
LOL signifie "Laughing out loud" c’est à dire : mort de rire. Ce qui
est toujours mieux que mourir de colère… encore que mourir c’est
toujours mourir… on en reparle le mois prochain.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°15 - Février 2010
Eros et Thanatos
Il y a un mois la terre a
tremblé en Haïti et à ce jour le bilan est hors de l’entendement.
Nous
n’avons pas évoqué cette catastrophe dans le dernier éditorial pour ne
pas succomber à l’immédiat émotionnel. Ce drame nous montre encore une
fois que la mort et la vie ne sont pas deux éléments distincts si
faciles à séparer. Une pulsion de vie extraordinaire accompagne
toujours un moment de désolation extrême. La vie et la mort sont
intimement liées, Eros et Thanatos sont les deux faces du vivant.
Près de 220000 victimes ont péri écrasées sous les décombres.
Lors de
ce séisme, un nombre non négligeable, à jamais inconnu, d’êtres humains
est mort de peur, en raison de la survenue d’un infarctus, d’une mort
subite par troubles du rythme ventriculaires ou par asystolie qu’il
s’agisse de patients connus ou non comme cardiaques.
Plus de 8 jours après la première secousse, alors que les
sauveteurs
commençaient à abandonner les recherches, un nourrisson âgé de 3
semaines a été extrait vivant d’une anfractuosité. Une adolescente de
seize ans a survécu à plus de 15 jours d’enfouissement. Malgré cette
catastrophe les haïtiens sont unis, se regroupent, chantent, prient et
retrouvent confiance en la vie.
Par quels mécanismes biologiques un nouveau-né sans défense,
sans eau,
sans nourriture est-il capable de survivre ? Par quels ressorts
psychologiques une jeune fille trouve-t-elle assez de ressources en
elle pour ne pas s’abandonner à la mort, par quels liens sociaux des
êtres humains, déjà marqués par la précarité de leur existence,
font-ils face à tant de malheur ?
Bien sûr il existe quelques réponses scientifiques à de telles
questions. Nous devons cependant admettre que parfois la réalité de vie
est plus étonnante que tout ce que nous pouvons imaginer. Nous avons
ainsi tendance à penser que nos capacités d’adaptation ont été mises en
place au cours de l’évolution des espèces pour privilégier la
survie de l’individu, c’est le fameux « struggle for life », un combat
permanent pour notre propre survie souvent au dépens de celle des
autres. Il n’en est rien, cette volonté de survie egocentrique de
l’individu n’est qu’une facette de l’être humain ou plus exactement du
monde animal.
Frans de Waal, éthologue et professeur de psychologie à
Atlanta aux
États-Unis vient d’écrire un livre intitulé « L’âge de
l’empathie, leçons de la nature pour une société solidaire » dans
lequel il cite des observations animales qui éclairent d’un jour
nouveau la nature de l’être humain : des chimpanzés sont capables de
lécher les plaies de congénères attaqués par des léopards et de
ralentir l’allure de la fuite pour que les blessés ne soient pas
isolés. Ils sont capables également de se priver de nourriture, si cet
apport d’aliment provoque souffrance ou privation pour un de leurs
semblables. Ces exemples ne se limitent pas aux chimpanzés, on
rencontre ce type de comportement pour de nombreuses espèces plus
éloignées de l’homme : les oiseaux, les serpents ou les
éléphants.
L’adaptation de l’être humain pour survivre est loin d’être
une
réaction monolithique et univoque. Elle repose sur un triptyque
biopsychosocial. Elle associe des capacités biologiques insoupçonnées,
des réactions psychologiques de compétition et parfois d’agressivité,
mais aussi une disposition naturelle à l’empathie, à l’altruisme et à
la compassion. Une catastrophe comme celle survenue en Haïti, nous
rappelle que le véritable objectif de l’adaptation n’est pas de
survivre pour soi-même, mais de survivre pour vivre ensemble. Survivre
pour une société solidaire : telle est la grande leçon que nous donne
le monde animal.
- Frans de Waal. L’âge de l’empathie, leçons de
la nature pour une société solidaire. Editions Les liens qui
libèrent.2010
- Pierre Le Hir. Des animaux doués d’empathie.
Le Monde 27 Février 2010
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°14 - Janvier 2010
C’est l’amour qui mène le
monde
Comment le monde peut-il
fonctionner ? Qui le fait avancer ? Qu’est-ce qui le fait tenir debout
? Est-ce le pouvoir, la force, la violence, l’argent, l’intérêt…??
Non bien entendu, c’est l’amour : vous
vous en doutez, mais souvent vous en doutez.
Alors en ce début d’année je vous
apporte deux nouvelles preuves scientifiques témoignant de cette
absolue vérité : au delà des apparences trompeuses de notre monde
quotidien, c’est bien l’amour qui est le moteur du monde. L’amour sous
toutes ses formes : soutien, entraide, gratitude, respect, altruisme,
don…
Une équipe de chercheurs européens s’est
ainsi intéressée à la question suivante : comment les européens
sont-ils aussi rapidement passés il y a environ 10000 ans d’une société
de chasseurs-cueilleurs à une société de cultivateurs ? Est-ce par un
simple transfert de technologie depuis le Moyen-Orient ou grâce à
l’invasion brutale de quelques fermiers-guerriers ? La vérité est plus
douce : l’étude du chromosome Y transmis de père en fils de façon
immuable nous apprend que des cultivateurs venus d’Orient ont
progressivement émigré vers l’Europe et que les jolies filles locales
ont trouvé ces jeunes gens suffisamment à leur goût pour les aimer et
faire ensemble de beaux enfants auxquels leurs pères ont enseigné avec
amour l’art de la culture.
Cet exemple ne suffit peut-être pas à
vous convaincre et vous vous dites que j’embellis le tableau d’une
histoire qui a peut-être été plus féroce avec force violence, viols et
autres vilenies. Tournons nous alors vers nos lointains ancêtres qui
partagent tant de gènes avec nous, je veux parler de chimpanzés.
Dans un monde où l’égoïsme et
l’individualisme forcené ont le vent en poupe, nos cousins au front bas
nous donnent une belle leçon d’humanité et d’amour. Un groupe
d’anthropologues allemands et suisses ont, au terme de vingt ans de
travaux, découvert que les chimpanzés en liberté sont capables
d’altruisme et adoptent de façon spontanée les orphelins issus d’une
autre communauté. Ce comportement se retrouve aussi bien chez les mâles
que chez les femelles et il est d’autant plus marqué que la menace
autour de l’orphelin est plus importante.
Pourquoi parler d’amour dans une
rubrique consacrée au stress ? Tout simplement parce que c’est une des
meilleures stratégies pour en réduire les effets, même si parfois les
scientifiques en psychologie ont peur de l’appeler par son vrai nom et
le désignent en termes plus froids (soutien social, entraide) ou le
réduisent à une grande inondation de vos amygdales cérébrales par
l’ocytocine…
Un dernier mot : aimez vous signifie
d’abord aimez vous vous-mêmes, ceci permet de mieux aimer les autres.
PS : ce
petit mot du mois n’a bien entendu aucun rapport avec une
quelconque actualité nationale ou internationale récente…!!!
- Balaresque P, Bowden GR, Adams SM, Leung H-Y,
King TE, et al. (2010) A Predominantly Neolithic Origin for European
Paternal Lineages. PLoS Biol 8(1): e1000285
- Boesch C, Bolé C, Eckhardt N, Boesch H (2010)
Altruism in Forest Chimpanzees: The Case of Adoption. PLoS ONE 5(1):
e8901
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°13 - Décembre 2009
Le Thé de Noël
Une année se termine : elle a
été riche
d’émotions, de rencontres, de succès, de difficultés, de vie tout
simplement.
Ce moment de fêtes est toujours particulier, un peu comme un temps
suspendu entre deux années. Temps de l’attente, de l’enfance, de
l’impatience des cadeaux. Temps de fêtes, de repas, de petits plats et
de bons vins. Temps d’échange, de partage, de retrouvailles. Temps de
l’entourage, de la famille, de l’humanité.
Ne
vous culpabilisez pas trop si vous faites quelques petites entorses à
votre régime crétois, les effets néfastes de quelques abus momentanés
seront largement compensés par le bénéfice obtenu en partageant ces
moments privilégiés, en distribuant votre lot de tendresse et en
acceptant celle qu’on vous donne.
C’est vrai,
consommer trop de graisse et de sucre est néfaste pour les artères,
mais la solitude l’est tout autant comme viennent de le montrer à
nouveau deux études (1,2) publiées ce mois-ci à propos de
l’insuffisance coronaire et l’insuffisance cardiaque : profitez donc de
ce moment pour rappeler à ceux qui vous entourent combien ils sont
importants et combien vous les aimez.
Je vous
conseille de le faire au coin du feu, si vous le pouvez, autour d’une
bonne tasse de thé de Noël : ce thé noir si particulier au goût
d’épices et de cannelle. De multiples travaux (3) montrent l’action
bénéfique du thé sur la paroi artérielle par l’intermédiaire de
substances appelés catéchines, formes particulières des polyphénols au
pouvoir antioxydant, qui inhiberaient les phases initiales de la
formation de l’athérome, contribuant ainsi à réduire le risque
d’infarctus.
Pour vraiment vous enlever toute
culpabilité en ouvrant une bouteille de champagne après le thé, je vous
rapporte l’étude qui vient d’être publiée dans le British Journal of
Nutrition : le Docteur Jeremy Spencer de la très sérieuse Université de
Reading en Angleterre vient de montrer avec son équipe de recherche en
nutrition (4) que consommer quotidiennement deux verres (coupes ou
flûtes... ce n’est pas précisé) est bénéfique pour le cœur, car le
champagne contient aussi des polyphénols. Cela était déjà connu en
particulier pour le vin rouge ; remercions les Anglais dont la qualité
du vignoble est bien connue de s’intéresser à un des nos emblèmes
nationaux.
Pour ceux qui détestent le
bourgogne et le champagne, les polyphénols sont également présents dans
les olives, les brocolis, les poireaux, les myrtilles et… les oignons,
mais pour ces derniers, consommez-les de préférence le 2 Janvier après
les bisous du réveillon… !!!
Meditas Cardio vous souhaite à tous un
joyeux Noël et une bonne année 2010.
- Lofvenmark
C .Perceived loneliness and social support in patents with chronic
heart failure. Eur J Cardiovascul Nurs 2009 ,4 :251-8
- Thurston RC. Women,loneliness, and incident
coronary heart disease. Psychosom Med 2009 , 8 : 836-42
- Naito Y. Tea and heart Health . J cardiovascul
Pharmacol 2009,54 :385-90
- Vauzour
D, Spencer JP. Moderate Champagne consumption promotes an acute
improvement in acute endothelial-independent vascular function in
healthy human volunteers.Br J Nutr. 2009 , 30:1-11
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°12 - Novembre 2009
Noël avant
l’heure
Oui… oui… je sais… je vous dois des
excuses pour avoir manqué à ma
mission : j’ai failli ne pas écrire ce petit édito du mois de Novembre.
Je vous imagine courroucés de n’avoir pu
lire ces quelques lignes ce
mois-ci ou très inquiets pour ma santé imaginant je ne sais quelle
catastrophe survenue brusquement et qui m’aurait abattu
impitoyablement, par exemple, une attaque de virus H1N1 au coin d’un
bois la nuit venue, ou peut-être étiez vous en réalité ravis de me
deviner en vacances, allongé sur un hamac tendu entre deux cocotiers et
faisant la sieste bercé par le bruit des vagues… mais je fantasme, je
m’illusionne, je me trompe : vous ne vous êtes sans doute même pas
rendus compte de cette absence !!! … Je vais cependant vous donner les
vraies explications à ce retard car je sens bien que malgré votre
apparente indifférence vous brûlez de savoir la vérité.
Rassurez-vous, je n’ai été ni victime
d’un burn-out ni d’un stress aigu
en regardant un match de foot guère estimable il y a quelques jours,
j’ai tout simplement ouvert les cadeaux de Noël en avance, cela a pris
du temps mais je n’étais pas seul, je n’ai pas fait cela en cachette,
nous étions un petit groupe du Projet Méditas et nous avons commencé à
ouvrir les cahiers d’évaluation du programme au terme de six mois de
travail sur la gestion du stress.
L'ouverture a été assez longue, car la
quasi totalité des participants
a répondu et beaucoup nous ont fait part de réflexions personnelles. La
place manque dans cet édito pour toutes les retransmettre et je ne
mentionnerai que celle qui nous a le plus émus.
C'est une pépite d'or qui récompense les
efforts investis dans ce
projet aussi bien de la part des acteurs que des patients qui ont
accepté de le suivre.
Je vous la donne en cadeau :
« Grâce à ce
projet, j'ai enfin compris
que j'étais important et précieux ».
Un vrai cadeau de Noël en plein mois de
Novembre. Que dis-je un cadeau,
un vrai présent… car vivre au présent est un cadeau. Je n'en écris pas
plus…
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°11 - Octobre 2009
Le corps et l'esprit
Connaissez vous Phineas Gage ? Peut être pas… Pour ma part
j'ai fait sa connaissance il y a quelques années mais,
jusqu'à présent je ne l'avais jamais vu. Il faut dire que
Phineas est mort le soir du 21 mai 1860 et nous avions donc peu de
chance de nous rencontrer au coin de la rue.
Laissez moi vous raconter son histoire peu commune : en 1848, Phineas
est chef d'équipe dans le Vermont aux Etats-Unis sur un chantier
de construction d'une ligne de chemin de fer. Le 13 Septembre, il doit
faire sauter un rocher et commet une erreur dans la préparation de
la charge explosive.
Il n'a pas le temps de
se protéger. Une barre à mines lui traverse la tête,
entrant par l'orbite gauche et ressortant par le haut du crâne
à droite. Alors qu'il aurait dû être tué sur le
coup Phineas ne perd pas connaissance et continue à parler.
Il est ramené dans sa chambre d'hôtel et il est pris en
charge pendant quelques jours par le Docteur John Harlow. Quelques
semaines plus tard, à la surprise générale, il ne semble
pas présenter de séquelles neurologiques majeures : ni
trouble de la marche, de la sensibilité, du langage, ni perte de
ses connaissances ou de sa mémoire ; en revanche il présente
des troubles de l'humeur, devient asocial et surtout il est incapable
de faire des choix adaptés dans sa vie.
Antonio Damasio, neurophysiologiste américain, a
particulièrement étudié, depuis la fin des années
80, le cas de Phineas allant même jusqu'à reconstruire
virtuellement le trajet de la barre à mine sur un scanner. Ses
conclusions sont intéressantes : Phineas a subi des lésions
irréversibles dans une zone très particulière du
cerveau, le lobe préfrontal gauche. Cette région complexe
joue un rôle fondamental en recevant en particulier les
informations issues du cerveau limbique, c'est à dire nos
informations émotionnelles, celles qui proviennent directement de
notre corps.
Antonio et Hannah Damasio
emploient alors le terme de marqueurs somatiques et confirment que sans
l'information provenant de notre corps, notre cerveau est orphelin : il
pense, il calcule mais il n'est pas vraiment vivant, il n'a pas le
« sentiment de soi » pour reprendre le titre du livre de
Antonio Damasio publié en 1999.
Sans
perception de ses émotions Phineas était devenu incapable de
faire les bons choix pour orienter sa vie. Les chamans indiens
faisaient la différence entre le souvenir froid qui ne concerne
que mon cerveau (date de la bataille de Marignan…) et le souvenir
chaud qui engage tout mon être, corps et esprit (le souvenir de
l'odeur de la tarte à la mirabelle de ma grand-mère…).
L'être humain est corps et esprit et il est vain de vouloir
séparer ce qui n'a pas à l'être.
Pourquoi vous parler de Phineas aujourd'hui ? Il y a deux raisons
à cela. La première est que je viens d'apprendre par un
article du journal « Le Monde » que la seule et unique photo
de Phineas vient d'être découverte par hasard : bien que
borgne il s'agit d'un bel homme, solide, tenant fièrement à
la main sa barre à mines tel un trophée. Il est émouvant
de découvrir le visage de cet homme qui n'était jusqu'alors
qu'un nom et un scanner reconstruit. Par l'émotion suscitée
il redevient en quelque sorte vivant. Il quitte le souvenir froid pour
devenir un souvenir chaud.
La deuxième
raison est d'ordre symbolique. Les connaissances intellectuelles de
notre cerveau sont fondamentales mais l'être humain est à la
fois un corps et un esprit qui se complètent sans s'opposer. Il en
est de même pour l'éducation thérapeutique qui doit
favoriser une transmission de connaissances mais aussi une prise en
charge psychosociale car comme l'être humain est corps et esprit,
la maladie est biologique, psychologique et sociale.
Eduquer ce n'est pas seulement enseigner, c'est donner suffisamment
confiance à l'autre pour qu'il puisse parler en son propre nom,
avec ses mots et avec son corps.
- Catherine
Vincent : Un siècle
plus tard,
Phineas gage retrouve un visage. Le Monde. 24 Octobre
2009. Page
19
- Photo de
Phineas
sur le Web : brightbytes.com/phineasgage
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°10 - Septembre 2009
Fragilité et
solidarité
20 Septembre et je n'ai toujours pas rédigé
mon billet
mensuel pour Meditas. Les vacances sont finies, je les ai surtout
occupées à marcher. Je pensais donc vous faire un
petit
édito sur les bienfaits de la marche, véritable
méthode
de psychothérapie… je vous en parlerai plus tard, ce
n'est que partie remise. J'ai retardé l'heure de
vous
écrire, car j'hésitais à vous faire part de
ma
colère, une saine colère, une saine indignation.
Des hommes et des femmes se suicident sur leur lieu de travail : ils
n'ont pas trouvé d'autre issue à une situation qui
leur
semble insupportable. Ils n'ont plus d'autres solutions que de mettre
eux mêmes fin à leurs jours. Le drame est trop grave
pour le
politiser ou jouer sur l'émotionnel. Bien sûr il y
aura
toujours une voix ambiguë pour expliquer que ces personnes
étaient « fragiles ». J'aimerais qu'on
m'explique ce
qu'est la fragilité, j'aimerais qu'on me présente un
être humain non fragile : la fragilité, c'est la
définition même de l'humain.
Oui, l'être humain est fragile quand il est pris
isolément,
c'est notre « vivre ensemble » qui nous rend si fort
:
l'homme est vulnérable, l'humanité devient solide par
la
solidarité.
Ce qui arrive à ces
hommes et à ces femmes peut nous arriver, nous sommes tous
fait de
la même terre, même les plus forts apparemment
peuvent
s'écrouler sur le lieu de travail ou en faisant leur jogging.
La raison en est simple, l'être humain est limité.
Nous
sommes constitués pour vivre en équilibre entre le
pas assez
et le trop. Pas assez de stimulation nous tue : sans aucune stimulation
après la naissance et dans notre enfance nous serions morts
comme
les enfants abandonnés dans certains orphelinats ou notre
cerveau
ne serait pas ce qu'il est, nous serions débiles. Trop de
stimulation peut nous tuer tout autant, à l'exemple de ces
employés japonais qui travaillent plus de 24 heures
d'affilée
et s'écroulent morts d'épuisement.
L'être humain est fragile, vulnérable : ses
possibilité
d'adaptation sont limitées, n'en déplaisent
à certains
qui voudraient lui infliger des demandes qui elles peuvent, bien
entendu, être illimitées.
Tenter
d'aider d'autres humains à préserver leur
santé en
minimisant les effets du stress peut sembler utopique, peu nous importe
: cette position du « un peu mieux » nous semble
préférable à l'aveuglement des partisans et
artisans du
« toujours plus ».
Prenez
très grand soin de vous…
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°9 - Août 2009
Le burn-out et le
pouvoir de la vacance.
Il fait
chaud, les orages
grondent, les villes sont un peu plus vides, les plages beaucoup plus
remplies… c'est le temps des vacances.
Grand
fantasme qui voudrait nous faire croire que tous les Français
partent se faire bronzer… c'est faux, beaucoup
restent chez eux pour de multiples raisons, personnelles, familiales,
financières. Et d'ailleurs être en vacances
est-ce obligatoirement partir ?
Pour ma part,
je voulais me
mettre en vacances et ne pas écrire ce petit billet ce
mois-ci, mais une actualité aussi brûlante que le
soleil du mois de Juillet et ses attaques de burn-out m'y
invitent pour un bref moment et juste pour quelques lignes.
Vacance
: ce mot magnifique vient du latin « vacare » et
désigne tout simplement un temps, un moment de
liberté, de vide. Être en vacances, ce
n'est donc pas nécessairement partir loin et occuper
tout son temps de loisir à courir, à
s'agiter, à visiter, à
faire. Être en
vacances, c'est accepter d'être libre et
vide, de s'accorder du temps pour penser, pour
flâner, pour méditer, pour contempler, du temps pour
se retrouver soi-même, du temps pour rien ou presque
rien… tout simplement du temps pour être, du temps
pour respirer.
La
respiration est un
merveilleux
condensé de vie : un temps actif (l'expiration), un
temps passif (l'inspiration)…
l'inspiration passive qui nous amène
l'oxygène indispensable pour vivre est le symbole
des vacances. Il ne peut y avoir de vie sans phase de repos, sans
pause. Juste une pause pour se poser, se re..poser.
Il
n'est pas besoin de partir loin pour être en
vacances. Être en vacances est un état
d'esprit au
quotidien qui consiste à accepter et à rechercher ces
temps apparemment vides. Ils sont en fait débordants de vie et
source d'énergie inépuisable.
Savoir
s'accorder un peu de vacance tous les jours, voilà
la meilleure façon de lutter contre le burn-out…
Bonnes
vacances (presque) permanentes à Tous.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°8 - Juillet 2009
Moins de cheveux blancs pour les
hommes verts…
Non, ce n'est pas le titre d'un mauvais film de
science-fiction des années 50, mais parlons cependant
cinéma.
« Home » : Peut
être avez vous vu ce film choc de Yann Arthus-Bertrand dont
les seuls défauts sont d'avoir rendu la pollution
parfois esthétique et d'avoir filmé la
terre depuis un hélicoptère bien sûr
très polluant… Ce film a cependant le grand
mérite de bien poser la question de l'avenir de
notre planète bleue si nous continuons à croire que
les ressources sont inépuisables et que la croissance et la
consommation ressemblent à un arbre qui pourrait pousser
jusqu'au ciel et plus haut encore...
jusqu'à l'infini.
Pourquoi parler d'écologie ? Tout
simplement parce qu'il n'y a aucune
différence entre nous et la Terre. L'Homme
appartient à la planète, l'Homme est une
terre en réduction.
Nous devenons de plus en plus sensibilisés au respect de
l'environnement, l'écologie est sur toutes
les lèvres, du politique au fabricant de yaourt, mais
qu'en est-il de notre écologie
personnelle ? Que faisons nous pour notre
développement durable ?
Bien sûr je ne verse plus mon huile de vidange dans le
ruisseau au fond de mon jardin (en fait je ne l'ai jamais
fait et je n'ai pas de ruisseau au fond du
jardin !!!) mais est-ce que je fais vraiment attention
à ce que je mange ? Ai-je conscience que parfois je
me pollue par le tabac, par le sucre en excès, par
l'inactivité ?
L'écologie personnelle, c'est aussi lutter
contre la politique des hauts rendements. Cela ne veut pas dire
être paresseux, mais admettre que, comme la terre, nos
capacités de production ne sont pas infinies et que
l'Homme peut aussi s'épuiser.
Nos ressources personnelles ne sont pas infinies. La Terre peut devenir
stérile si nous ne la respectons pas, nous pouvons devenir
désertiques si nous ne respectons pas les limites qui sont les
nôtres : c'est alors le burn-out.
Burn-out de notre planète, burn-out individuel… les
mécanismes sont les mêmes. Dans
l'écologie politique, ne négligeons pas une
politique écologique individuelle : diminuons les
engrais qui nous engraissent, mettons nous
régulièrement en jachère, faisons le tri
sélectif de nos activités, en un mot mettons nous au
vert…
Mettons nous au vert pour avoir moins de cheveux blancs.
Comme dans les champs, avez vous remarqué que des fleurs
poussent régulièrement sur le sommet de notre
crâne : cheveux courts ou longs, blonds, roux, noirs,
auburn… , enfin gris ou blancs quand les
années passent. Parfois ces fleurs blanchissent
précocement : une équipe japonaise (1) vient
de montrer que le stress chronique entraine des modifications
génétiques qui provoquent une altération au
niveau des cellules responsables en particulier de notre couleur de
cheveux (les mélanocytes).
Moins de cheveux blancs… encore une bonne raison de mieux
gérer notre stress.
1.K.
Inomata. Genotoxic stress abrogates renewal melanocytes stem cells by
triggerins their différenciation. Cell ;
137,6 :1088-99
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°7 - Juin 2009
Connaissez
vous le syndrome de l'étiquette ?
Rassurez vous, il ne s'agit pas d'une nouvelle maladie contagieuse
propre à déclencher la panique et l'office mondial de
la santé n'a pas encore mis sur ce syndrome le niveau d'alerte
6 et pourtant il le mériterait.
En effet le syndrome de l'étiquette est pandémique,
il nous atteint tous, peu ou prou, et il fait aussi de multiples
dégâts. De quoi s'agit-il ? C'est cette
façon que nous avons de coller des étiquettes
péremptoires et définitives sur les situations, sur
les gens, sur nous-mêmes, le plus souvent d'ailleurs des
étiquettes négatives.
Vous savez bien : " ça, je n'y arriverai jamais " " ah, non
ça ce n'est pas pour moi " " lui, c'est vraiment pas un tendre
" " de toutes façons j'ai toujours été comme
ça, mon père l'était aussi ".
Coller une étiquette nous rassure. Les humains ont toujours
pensé que donner un nom ou nommer une situation permet de la
maitriser, cela nous permet aussi d'éviter le changement qui
est source d'inquiétude. Coller une étiquette nous
permet surtout d'ignorer que tout être humain (moi, les
autres) ou toute situation est complexe, contenant à la fois
une réalité et son contraire.
Quelques exemples caricaturaux d'étiquette : les Anglais
mangent mal, les Italiens sont roublards, les Français sont
râleurs et les Suisses sont lents, ("y'a pas le feu au
lac"… à prononcer avec un fort accent trainant de
préférence).
Les Suisses sont peut être lents mais ils
sont innovants. La preuve : leur soi-disant lenteur vient
encore de frapper un grand coup dans leur dernier
référendum (votation populaire). Ils ont
décidé à une majorité de 67%
d'inscrire les médecines complémentaires dans leur
constitution.
Le
texte précise
"
la Confédération et les Cantons pourvoient dans les
limites de leurs compétences respectives à la prise
en compte des médecines complémentaires ".
Vous imaginez, une prise en compte des méthodes de relaxation,
d'hypnose, de sophrologie, des autres techniques de
psychothérapies pour améliorer la
santé… décidément la Suisse est
vraiment lente et en retard... ( Humour…)
Souhaitons que cette lenteur suisse soit aussi contagieuse que le
syndrome de l'étiquette et qu'elle nous fasse vite progresser
sur le même chemin.
Article du Monde, le 22 Mai (Agathe Duparc) : "En Suisse, les
médecines alternatives sont plébiscitées".
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°6 - Mai 2009
En
Mai, Rions de bon cœur
Les dictons sur
le mois de Mai fleurissent aussi facilement que les arbres de nos
jardins, il est par conséquent tout à fait permis
d'en
inventer un nouveau, ce d'autant que celui-là est
d'actualité.
La vie est
étonnante et parfois elle nous donne à
réfléchir
sur le sens du hasard. Le hasard, vous savez bien, cette chose
étrange qui parfois met sur votre chemin ce que vous
cherchiez, ou
vous fait rencontrer au bon moment la personne dont vous aviez
justement besoin.
Hasard surprenant,
étonnant, parfois bouleversant, ou simplement amusant comme
celui
qui réunit ce petit message à celui du mois
d'Avril.
Il y a quelques semaines en effet, je vous ai parlé de la
colère et de ces effets néfastes pour le
cœur et pour la
santé de façon plus générale. A la
fin de ce petit
billet, je recommandai de rire le plus souvent possible et
d'utiliser ce remède sans aucune retenue car il
n'y a
aucun effet secondaire néfaste au rire, rien que des
résultats positifs.
A peine avais-je
terminé cet éditorial que… comble du
hasard… une
bonne et intéressante nouvelle est tombée en direct
du
dernier congrès Américain de Physiologie. Une
équipe de
chercheurs a eu l'idée d'un protocole très simple :
faire
rire un groupe de patients diabétiques et les comparer un an
plus
tard à un groupe témoin ne riant pas (il s'agissait
pour les
rieurs de se fendre la bobine pendant une demi heure par jour en
regardant des films comiques qu'ils sélectionnaient eux
mêmes).
Il
s'agit d'une étude sur
un petit groupe mais les résultats sont surprenants : les
marqueurs inflammatoires de l'athérome (CRP pour les
spécialistes…) baissent de plus de 60% chez les
rieurs et le
bon cholestérol augmente de 26% dans ce même groupe
des
rigolos. Ce résultat est d'autant plus intéressant
qu'à
ce jour aucun traitement médicamenteux n'est capable
d'augmenter
de façon aussi significative le bon cholestérol qui
protège nos artères.
Du rire, du
rire, de la bonne humeur, une activité
régulière et une
nourriture équilibrée et nos artères se
porteront mieux.
Si vous trouvez que ces conseils vous prennent trop de temps (marcher
une demi-heure, rire une demi-heure, vous relaxer une
demi-heure…
etc), vous pouvez bien sûr marcher tout en méditant
et en
croquant une carotte ou une pomme mais attention à ne pas vous
étrangler en riant à gorge déployée
devant le
plaisir de vivre…
Rions de bon
cœur...
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°5 - Avril 2009
Avez vous vu ce projet de loi en
discussion depuis quelques jours à
l'assemblée nationale sur proposition de notre
Ministre de la bonne humeur et de la joie de vivre ? Cette loi envisage
de condamner toute personne se mettant en colère de
façon récidivante (la loi mentionne trois
colères dans l'année) à exprimer
sa rage devant un jury en ayant pris soin de mettre un nez de clown et
ce jusqu'à ce que les juges et le
condamné soit pris d'un fou-rire
inépuisable…
Poisson
d'avril… pas tant que cela !!! Cette coutume (sans
le nez de clown bien sûr) qui nous semble étonnante
est entretenue par le peuple Inuit chez qui le rire est sacré.
Les Inuits apprennent à rire à leurs enfants, car
pour eux le rire est harmonie, ordre et ouverture au monde.
Faux
poisson pour parler d'un vrai poison : la colère.
Qui
ne s'est jamais mis en colère ? Personne sans doute
et certaines colères semblent justifiées. Il faudrait
plus justement écrire certaines indignations sont
justifiées. Le pouvoir d'indignation devant une
violence, une injustice est une richesse de l'âme
humaine. La colère est un poison humain, car elle blesse plus
sûrement celui qui la ressent que celui contre qui elle est
dirigée.
Pourquoi vous parler de
colère en ce début de mois d'Avril alors
que tout invite à la douceur et à l'amour
(au début du vingtième siècle le 1er Avril
était la fête du bonheur et de l'amour) :
les arbres en fleurs, les soirées qui rallongent comme par
enchantement, la douceur du soleil, les chants de parade amoureuse des
oiseaux… et pas seulement des oiseaux ?
Tout
simplement à cause d'un article qui vient de sortir
dans le très sérieux Journal of American College of
Cardiology qui nous démontre, multiples preuves à
l'appui, que la mauvaise humeur
(l'hostilité) et surtout la colère sont
très néfastes non seulement pour les patients ayant
déjà des soucis cardiaques, mais également
pour tous ceux qui se sentent apparemment en pleine santé : la
colère augmente de façon importante le risque
d'infarctus et de mort subite. Certes, cela était
déjà connu mais cette métaanalyse (revue
complète de toute la littérature sur le sujet) permet
maintenant de pouvoir l'affirmer sans contestation possible.
Un
petit conseil du Docteur Meditas : la prochaine fois que vous sentez
monter en vous la colère, ne cherchez pas à la
contenir, isolez vous, mettez vous face à une glace (une
petite glace avec juste votre visage peut faire l'affaire,
mais avec un grand miroir de façon à vous voir
entièrement des pieds à la tête,
c'est encore plus drôle), mettez un nez de clown
(0,80 euro) et exprimez votre colère face à vous
même… L'effet est radical : personne ne
résiste plus de 3 minutes à ce doux supplice sans
exploser de rire… Vous allez sentir votre corps
s'alléger, la colère vous quitter, vous
serez passés du stade de la colère à
l'humour ou à celui de l'indignation qui
n'est pas néfaste et vous permettra d'agir
de façon constructive sans vous blesser.
PS
: si la posologie n'est pas suffisante, abusez du
remède, il n'y a aucun effet secondaire
néfaste du rire.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°4 - Mars 2009
En
Mars… des histoires de cailloux.
Raconter
des fables et des contes est une des solutions que l'être
humain a trouvé pour exprimer ce qui est essentiel pour lui,
ce qui est du domaine de l'indicible. Pour certains, à la
première lecture, ces histoires paraissent un peu enfantines,
simples, niaises sans doute parce qu'elles cachent une part de
vérité qui dérange notre quotidien mais, si
nous nous laissons toucher elles ont le pouvoir modifier
profondément notre vision des choses.
Deux
fables de cailloux pour vous accompagner ce mois ci.
La
fable du sable et des gros cailloux :
Un jour, un vieux
professeur de
l'école nationale d'administration fut engagé pour
donner une formation sur la gestion efficace du temps à un
groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses entreprises. Ce cours
constituait l'un des sept ateliers de leur journée de
formation. Le vieux professeur n'avait donc qu'une heure pour exposer
son sujet.
Debout devant ce groupe d'élite, il les
regarda un par un, lentement, puis leur dit : "nous allons
réaliser une expérience". De dessous la
table qui le séparait de son auditoire, il sortit un immense
pot de verre qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite,
il sortit environ une douzaine de gros cailloux et les plaça
minutieusement un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli
jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un seul caillou, il
leva les yeux vers ses élèves et leur demanda :
"est-ce que
ce pot est plein" ? Tous
répondirent : "oui"
Il
attendit quelques secondes et ajouta : "vraiment" ?
Alors il se pencha de nouveau et sortit un récipient rempli de
gros gravier. Avec précaution, il versa ce gravier sur les
gros cailloux, puis brassa légèrement le pot ; les
morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les
cailloux… jusqu'au fond du pot. Le vieux professeur leva les
yeux vers son auditoire et redemanda : "est-ce que ce pot est
plein ?" Cette fois, ses brillants auditeurs
commençaient à comprendre son manège. L'un
d'eux répondit : "probablement pas !" "Très bien !"
répondit le vieux
professeur.
Il se pencha à
nouveau et cette fois, sortit un récipient de sable. Avec
attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les
petits interstices entre les gros cailloux et le gravier. Encore une
fois, il demanda : "est-ce que ce pot est plein ?"
Cette fois, sans hésiter et en chœur, tous les
dirigeants répondirent : "non !" "Parfait !" dit le
vieux
professeur.
Puis,
comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit
le pichet d'eau qui était resté sur la table et
remplit le pot jusqu'à ras bord. Il leva alors les yeux vers
son groupe et demanda : "quelle grande
vérité nous démontre cette
expérience ?" Pas fou, le plus audacieux des
dirigeants, songeant à l'intitulé du
séminaire de formation, répondit : "cela
démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda
est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y
ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire".
"Absolument pas",
répondit le vieux professeur, "ce n'est pas du tout
cela. La grande vérité que nous démontre
cette expérience est la suivante : si on
ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra plus
jamais les faire entrer ensuite". Il y eut un profond
silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.
Le
vieux professeur leur dit alors : "quels sont les gros
cailloux dans notre vie ? Notre santé ? Notre famille ?
Réaliser nos rêves ? Faire ce que nous aimons ?
Apprendre ? Défendre une cause ? Nous relaxer ? Prendre du
temps ?… ou tout autre chose ? Ce qu'il
faut retenir, c'est l'importance de mettre nos gros cailloux en premier
dans notre vie, sinon nous risquons de ne pas
réussir… notre vie. Si nous donnons
priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), nous
remplirons notre vie de peccadilles, et nous n'aurons plus suffisamment
de temps précieux à consacrer aux
éléments essentiels de notre vie. N'oublions jamais
de nous poser la question : quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?"
La conférence
avait
duré un quart d'heure. Le vieux professeur regarda son
auditoire avec un large sourire, fit un petit salut et s'en alla.
La
deuxième fable du casseur de cailloux est beaucoup plus courte
mais tout aussi riche de sens :
Un homme voit au bord de la
route des casseurs de cailloux.
Le premier casseur de
cailloux a le visage torturé. L'homme lui demande : "Qu'est-ce
que
vous faites?" Le casseur de cailloux
répond : "J'exerce un métier affreux, je
casse les cailloux, c'est dur, j'ai mal au dos, j'ai soif, j'ai chaud
et en plus je suis mal payé !"
L'homme
s'approche du deuxième casseur de cailloux, qui n'a pas l'air
de trop souffrir : "Qu'est-ce que vous faites ?" "Je casse des
cailloux. Je travaille en plein air et je suis
bien content d'avoir ce métier pour nourrir ma famille. C'est
bien."
Le voyageur s'approche du
troisième casseur de cailloux, qui a un visage souriant,
radieux. "Que faites-vous ?" "Vous le
voyez bien ! Je bâtis une cathédrale !"
Le
geste est le même, mais c'est le sens que nous attribuons
à ce que nous faisons qui provoque toute la
différence.
En Mars pour mieux
gérer notre stress conservons ces "petits cailloux" dans notre
poche, cherchons à redécouvrir
quelles sont les choses essentielles dans notre vie et essayons de
modifier notre point de vue sur le monde… c'est la voie la
plus rapide et la plus efficace pour… changer un peu le
monde.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°3 - Février 2009
En
Février… réveillons la
femme qui est en nous.
Depuis que le
monde est monde, hommes et femmes coexistent et cohabitent avec plus ou
moins de bonheur et de difficultés et assez de désir
pour
permettre à l'espèce humaine de se renouveler.
Bien entendu les hommes et les femmes sont différents et
même
un observateur peu doué cliniquement peut aisément
constater
quelques dissemblances… mais au delà de ces
distinctions
plus ou moins marquées, la psychanalyse nous a
rappelé ce que
la sagesse du Tao enseigne depuis longtemps : il existe en chaque femme
et en chaque homme une part masculine et féminine plus ou
moins
importante.
Un
article (1) paru il a quelques
jours dans "European Journal Heart Failure" nous apprend que les
cardiologues de sexe féminin prennent mieux en charge leurs
patients en insuffisance cardiaque et respectent mieux les
recommandations actuelles de traitement. Les auteurs expliquent cette
différence par une plus grande empathie féminine et
une
meilleure écoute des patients.
Cet
article trouve un écho particulier dans le dernier
numéro (2)
de "Psychosomatic Medicine" où Barry Zaret, professeur de
cardiologie à Yale, raconte comment il a sauvé sa
femme
d'un arrêt cardiaque au moment d'un infarctus. Ce
médecin, cultivé, exprime avec beaucoup de
sensibilité
comment il a utilisé sa mémoire corporelle pour
pratiquer les
gestes de premier secours, comment il a employé toutes les
connaissances théoriques et pratiques acquises durant de
longues
années de formation mais surtout il met en lumière
que la
médecine est avant tout humaine, faite d'un subtil
mélange d'action et d'écoute, de science et
d'intuition, de soin et d'empathie.
Je ne sais pas si les femmes sont de "meilleurs" médecins que
les
hommes, ce qui est certain c'est que le monde est équilibre
entre
le jour et la nuit, le soleil et la lune, le Yin et le Yang, le
masculin et le féminin, le sympathique qui véhicule
notre
stress et le parasympathique qui nous apaise.
Prendre soin de soi c'est prendre en compte toutes les facettes de
l'être humain en associant deux aspects qui ne s'opposent pas
mais
se complètent : l'efficacité de notre face masculine
et
l'empathie de notre face féminine, que nous soyons patient ou
soignant… et bien sûr que nous soyons homme ou femme.
En
Février, réveillons le féminin qui est en
chacun de
nous…
- Baumhäkel
M,
Müller U, Böhm
M. Influence of gender of physicians and patients on
guidelines
recommended treatment of chronic hert failure in a cross-sectionnal
study. Eur
J
Heart Fail. 2009 En ligne.
- Zaret
BL. Purim in
CPR. Psychosom
Med, 2009 ;
71 : 6-13
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°2 - Janvier 2009
En l'an NEUF
…le bonheur sera contagieux…
31
Décembre 2008… 1 janvier 2009… une
année se termine… une autre
débute…
Avez-vous remarqué comme l'être humain est
extraordinaire ? Il classe, il range, il nomme, il découpe le
temps en tranches, il se nomme expert, il fait des prédictions
sur cette année et annonce à coup sûr
qu'elle sera difficile.
Affirmer que cette année sera noire, c'est lui
mettre une étiquette négative sur le dos avec notre
cerveau bourré d'a priori, persuadé que la
situation présente doit obligatoirement être
regardée à la lumière d'un
passé bégayant. Lutter contre le stress,
c'est aussi apprendre à regarder une situation comme
elle est, c'est à dire totalement
nouvelle. La nouveauté peut engendrer la peur, mais
c'est aussi une formidable occasion de vie.
Affirmer que cette année sera noire, c'est ne voir
qu'une face des choses, alors que toute chose ou tout
évènement contient son contraire. L'ombre
et la lumière sont les deux jumeaux enfantés par le
soleil… Tout dépend de la façon de regarder
les choses : ainsi le chemin qui monte est identique à celui
qui descend. Seul le regard a changé.
Pour cette année nouvelle l'équipe de
MEDITAS Cardio vous souhaite la confiance : confiance pour contempler
le monde en y portant chaque jour un regard neuf, confiance dans les
capacités fabuleuses de chacun d'entre nous,
confiance en l'autre et en ses surprenantes
potentialités, confiance en la vie qui nous réserve
parfois des surprises qu'il faut savoir saisir quand elles se
présentent.
Et pour commencer l'an neuf une petite nouvelle
réjouissante du très sérieux "
British Medical Journal " qui nous dit, dans une
étude publiée dans le numéro du 5
Décembre 2008 à partir de la cohorte de Framingham,
que le bonheur est contagieux… Quelle belle nouvelle pour les
scientifiques, mais je suis persuadé que vous le saviez
déjà…
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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LE
M'EDITO N°1 - Décembre 2008
Décembre
2008 : le site Meditas Cardio ouvre ses portes.
Que tous ceux qui ont travaillé à
l'élaboration de ce programme soient ici vivement
remerciés ; un merci tout particulier à Jean-Claude
Busac dont les compétences informatiques reconnues
(Médecin Maître Toile) ont permis la naissance
officielle de ce site.
La mortalité cardiovasculaire ne cesse de diminuer depuis 40
ans. Elle vient récemment de passer en deuxième
position derrière celle due au cancer. Les cardiologues sont
à juste titre assez fiers du travail accompli en terme
d'efficacité thérapeutique et
préventive. Cependant certaines zones d'ombre
persistent, en particulier l'impact négatif des
facteurs de risque comportementaux (alimentation, tabac,
obésité, sédentarité).
L'objectif du Programme MEDITAS CARDIO est
d'améliorer la prise en charge des facteurs
psychosociaux en cardiologie par l'éducation
thérapeutique ; ce facteur de risque est d'une
importance majeure, car il influence la maladie artérielle de
façon directe et indirecte en aggravant les autres facteurs de
risque. Il est trop souvent négligé par manque
d'information.
Ce site est donc ouvert à tous ceux qui souhaitent se
documenter à la fois sur les effets du stress en cardiologie
et sur les méthodes de sa prise en charge : patients inclus
dans le programme, professionnels de la santé, simple curieux.
N'hésitez
pas à nous faire part de vos suggestions, cela nous permettra
de faire vivre le site.
Pour ce mois-ci, un petit
texte en cadeau pour mieux vivre l'instant présent :
On demanda un jour
à un homme qui savait méditer, comment il faisait
pour être recueilli en dépit de toutes ses
occupations ; il répondit :
Quand
je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche.
Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle.
Les
gens l'interrompirent en
lui disant : " Nous faisons de même, mais que fais-tu
de plus ? "
Quand
je suis
assis, je suis assis. Quand je me lève, je me lève.
Quand je marche, je marche. Quand je mange, je mange. Quand je parle,
je parle.
Les
gens lui dirent encore une fois : " C'est que nous
faisons aussi ! "
Non,
leur
répondit-il : Quand vous êtes assis, vous vous levez
déjà. Quand vous vous levez, vous courez
déjà. Quand vous courez, vous êtes
déjà au but...
Sachons
rester dans l'instant présent, cela est difficile,
mais c'est la voie royale pour mieux apprivoiser le stress.
Prenez soin de vous…
Docteur
MEDITAS
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