MEDITAS
Mesures d'éducation Thérapeutique appliquées au stress en Cardiologie

Coeur MEDITAS - Retour au sommaire
Retour à l'accueil


LE M'EDITO DU DOCTEUR MEDITAS

LE M'EDITO N°19 - Juin 2010

    Gare au Care !

Non, il ne s’agit ni d’une faute d’orthographe ni d’un éditorial commandité par la SNCF, mais bien du Care, du vrai, pas celui qui a agité le monde politique il y a quelques semaines  avant que le chaos médiatico-politico-sportivo-scandalo-juridico-économique (vous pouvez intervertir les propositions) ne l’engloutisse  complètement.

Le Care primitif est né il y a bien longtemps ; plus précisément dès que les animaux ont eu assez de cerveau pour développer un peu de compassion et d’empathie afin de s’entraider (les éléphants, les dauphins, les grands singes le font…). La langue anglaise a l’avantage d’être très concise et de pouvoir exprimer en un seul mot des idées complexes que nous devons formuler en français en plusieurs phrases. Le Cure, c’est l’acte de traiter pour obtenir une guérison si possible définitive. Les soignants que nous sommes ont surtout été formés à cet aspect de la médecine et se sentent démunis devant la maladie chronique et inguérissable qui demande du Care. Le Care, c’est prendre soin dans un but préventif, mais aussi pour soulager, pour aider, pour accompagner.

Les médecins, et plus généralement les soignants peuvent le faire, mais de plus en plus de non soignants sont amenés à s’investir plus ou moins volontairement dans ce type de prise en charge. Il peut s’agir d’une personne faisant partie d’une association d’aide à domicile, d’un bénévole rendant visite aux personnes malades et surtout des conjoints de malades chroniques. Les anglo-saxons appellent ces soignants dans le couple, des « caregivers » c’est à dire des donneurs de soins. Ils donnent du soin et souvent donnent beaucoup d’eux-mêmes, parfois trop et cela les fait souffrir.

Cette souffrance est rarement évoquée en France et pourtant c’est un motif de plainte très fréquent en consultation pour le couple dont l’un est malade (cancer, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, maladie d’Alzheimer). On savait déjà que le tableau d’épuisement du Burn-Out avait été décrit la première fois chez des bénévoles ayant des fonctions dans les associations caritatives. On sait maintenant que les donneurs de soin dans le couple s’exposent à de graves soucis de santé, en particulier au risque d’accident cardiaque pour les femmes (1). Une étude récente nous montre que ce risque cardiaque est favorisé par une altération de la fonction endothéliale qui marque l’étape initiale de l’athérome (2).

Cette situation de « Caregiver », non désirée, permanente, solitaire, expose en effet au risque d’épuisement, de colère, de culpabilité, d’anxiété, de dépression, c’est-à-dire à beaucoup des ingrédients psychosociaux favorisant l’infarctus.

Donc Gare au Care : prendre soin de l’autre fait partie de notre humanité, mais il faut parvenir à le faire en continuant à prendre soin de soi-même. Sachons nous aussi demander de l’aide aux autres quand cela est nécessaire. A quel moment ? C’est simple à ressentir : quand nous sommes fatigué, que la personne que nous soignons nous énerve, et que nous nous sentons en même temps coupable d’être irritable. Ces signes d’alerte nous indiquent que notre santé est en danger, ceci aussi bien pour les caregivers bénévoles que pour les donneurs de soins professionnels. Ne l’oublions jamais : prendre soin des autres, c’est aussi prendre soin de soi.

    1.  Lee S, Colditz GA, Berkman LF, Kawachi I. Caregiving and risk of coronary heart disease in U.S. women : a prospective study. Am J Prev Med. 2003 Feb;24(2):113-9
    2. Mausbach BT, Roepke SK, Ziegler MG, Milic M, von Känel R, Dimsdale JE, Mills PJ, Patterson TL, Allison MA, Ancoli-Israel S, Grant I. Association between chronic caregiving stress and impaired endothelial function in the elderly. J Am Coll Cardiol. 2010 Jun 8;55(23):2599-606

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LES ARCHIVES

LE M'EDITO N°18 - Mai 2010

    Mon Dieu, mais que va-t-il nous rester ?

Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la crise grecque, de la chute de l’euro, du volcan qu’on refuse d’appeler par son imprononçable nom et qui, pour nous punir de cet affront, risque de perturber à nouveau le trafic aérien pendant les vacances d’été,  de la pollution du delta du Mississipi par une marée noire qui sent le dollar à des kilomètres à la ronde, du temps de ce mois de Mai qui nous pourrit les articulations et ne favorise pas la remontée de notre taux de vitamine D, du mondial de foot qui aux dires des spécialistes (dont je ne suis pas) risque de se limiter pour l’équipe de France à un court séjour dans un palace luxueux …allez j’arrête, ça suffit la coupe (du monde) est pleine…

Dans cette morosité ambiante, une nouvelle m’a réjoui le cœur. Sans doute avez-vous remarqué  mon intérêt pour nos amis les grands singes, en particulier, les chimpanzés dont les comportements nous invitent quotidiennement à la plus grande modestie. Pour certains, la capacité de raisonnement, la parole, l’usage des outils seraient la manifestation de l’humanité. D’autres vous diront que c’est la conscience de la mort qui marque la limite entre les humains et le reste du monde animal. Bernique… c’est faux. Une équipe associant des chercheurs anglais, portugais, japonais a rapporté des observations mentionnant chez les chimpanzés des attitudes très proches du comportement humain à l’approche de la mort (soins, caresses, toilette, silence, éloignement du groupe afin de laisser la descendance directe veiller le mourant dans ses derniers instants). Certains, de nature pessimiste, vous diront : « Mon Dieu, mais que va-t-il nous rester si les singes se mettent à être plus humains que certains humains. Bientôt, ils organiseront des matchs de foot et se mettront à spéculer sur la valeur de la banane et ça fera encore faire baisser l’euro ». Pour ma part, je ferais plutôt partie des optimistes réalistes et je suis heureux de voir nos cousins nous rappeler le meilleur de l’Homme : l’empathie, l’entraide, la douceur, le respect même dans les moments les plus difficiles.

Ne croyez cependant pas que mon attitude soit désintéressée : je suis comme le plus vénal des traders, j’attends que mon comportement résolument optimiste me rapporte beaucoup. Je vous donne le super tuyau boursier de la semaine  et surtout ne le gardez pas pour vous. Bien sûr, il s’agit plutôt d’un placement de père famille, ne vous attendez pas à doubler la mise en quelques secondes comme le font certains financiers fous. Je vous garantis cependant un placement à 22% à 10 ans : c’est le taux de diminution des accidents cardiaques pour les patients optimistes comme vient de le montrer pour la première fois  l’équipe canadienne de Karina Davidson.

Investissez massivement dans l’optimisme, ça demande juste un peu d’effort au quotidien car la vie n’est pas toujours simple, mais au bout du compte (de la vie) ça peut rapporter gros… quasiment le bingo,  même si la valeur n’est pas encore cotée au CAC 40. Elle risque de le devenir si nos amis les singes Bonobo  dirigent un jour le monde…

    1. Dora Biro, Tatyana Humle, Kathelijne Koops, Claudia Sousa, Misato Hayashi, Tetsuro Matsuzaw. Chimpanzee mothers at Bossou, Guinea carry the mummified remains of their dead infants . Current Biology . 2010 April ;20 : 752-59.
    2. Davidson KW, Mostofsky E, Whang W. Don't worry, be happy: positive affect and reduced 10-year incident coronary heart disease: the Canadian Nova Scotia Health Survey. Eur Heart J. 2010 May;31(9):1065-70.

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page
LE M'EDITO N°17 - Avril 2010

    Prévention de 7 à 77 ans…

Il arrive un moment où l’être humain admet avec beaucoup de difficultés que l’éternité ne lui a jamais été promise et qu’il faut bien quitter ce monde un jour ou l’autre d’une façon ou d’une autre… en mourant de rire ou de colère comme nous l’évoquions le mois dernier.

Evidence, truisme, lapalissade peut-être, mais parfois en lisant certaines études médicales on se prend à rêver ou à s’interroger quand un auteur affirme sans sourire que grâce à telle intervention médicamenteuse non seulement la mortalité cardiaque baisse (ce qui est excellent) mais la mortalité globale également (ce qui est sans doute juste momentanément mais présomptueux quand on connaît le destin de l’être humain).

Un jour je m’étais permis de demander si diminuer la mortalité globale signifiait que je risquais de ne pas mourir complètement ou si au contraire certains pouvaient prétendre à la vie éternelle (qui comme chacun sait est très longue surtout à la fin…). Je n’ai pas obtenu de réponse et j’ai été pris pour un esprit rebelle à toute considération épidémiologique de haut niveau.

Mis à part ces propos dignes d’un comptoir de bistrot, il faut admettre que faire de la prévention efficace n’est pas chose aisée et qu’il faut la laisser à des gens sérieux : aucune action n’est négligeable, certains préfèreront agir juste avant notre mort pour nous donner droit à un nouveau petit tour de manège et d’autres prendront le problème à la base, presqu’au berceau.

Ainsi une enquête très sérieuse a mis en évidence une surmortalité cardiaque importante dans plusieurs établissements de Lugano où de séduisantes hôtesses faisaient commerce de leurs charmes auprès de clients venant de la rive italienne du lac (1). Plutôt que de risquer un conflit international, 38 directeurs de ces lieux de rencontre ont donc généreusement offert à ces dames une formation complète à la réanimation cardiaque et au maniement du défibrillateur. Bien entendu ils n’ont pas omis de leur rappeler que le bouche à bouche n’était plus de rigueur et qu’il fallait surtout masser avant de défibriller. Les résultats sur la mortalité cardiaque et globale sont attendus avec impatience !!!!

Plus sérieusement, il faut citer une idée japonaise absolument géniale (j’espère que les ingénieurs qui l’ont eu n’ont pas été trop stressés par leur hiérarchie). De quoi s’agit-il ? Chacun sait que nos enfants et petits enfants (et pas seulement eux) ont une fâcheuse tendance à rester les fesses vissées sur leur chaise devant leur ordinateur ou leur console de jeu. Un grand fabriquant a eu l’extraordinaire idée de fabriquer une console qui se recharge à l’aide d’un podomètre (2). Sans activité de marche, impossible de jouer, c’est simple mais il fallait y penser. Imaginez qu’il faille aller marcher pour recharger nos ordinateurs… « Chéri je sors marcher, je n’ai plus de batterie »

Pour ceux qui voudraient relier ces deux aspects extrêmes de la prévention cardiaque on peut bien entendu imaginer de recharger les défibrillateurs mis à la disposition de ces dames grâce à l’activité physique… par exemple la marche.

    1. Corriere de la sera. Février 2010 repris par : www.telegraph.co.uk/.../Swiss-prostitutes-trained-to-use-defibrillators-in- brothels-to-prevent-clients-dying.html
    2. Pokewalker : fr.wikipedia.org/wiki/PokéWalker

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°16 - Mars 2010

    Joie, incompréhension… et LOL

Nous voilà déjà en Mars 2010. Nous sommes parvenus à la phase finale de l’évaluation du Projet Meditas, encore quelques semaines et les résultats définitifs seront disponibles. Les conclusions statistiques sont froides et dépourvues de cette chaleur humaine qui fait la richesse de la vraie vie… alors un peu de chaleur dans cet hiver tumultueux.

A la fin des questionnaires d’évaluation nous avions laissé une partie de texte libre afin que chacun puisse, selon son désir, exprimer son expérience et ajouter du vécu à ce projet d’éducation thérapeutique. Les réponses sont bien entendu anonymes et c’est la raison pour la quelle nous nous permettons de citer une réflexion d’un patient : « ce programme m’a permis d’avoir un outil permanent face au stress. C’est un médicament pour moi et j’essaie d’en abuser ».

Il serait facile de disserter sur le sens des mots médicament, médecin, remède, si proche de medium et d’intermède. Il serait également passionnant de parler de l’absence d’effets secondaires de la relaxation. Intéressant mais il faut laisser de la matière pour de futurs éditoriaux et au présent je préfère m’abandonner au plaisir joyeux d’avoir lu un tel commentaire.

La joie de ressentir qu’un être humain a découvert un moyen de progresser sur son chemin de vie, qu’il a osé franchir une porte. Oser, avoir confiance, parler en son propre nom, devenir autonome, c’est à dire trouver sa propre loi au travers de la transmission d’un savoir, allier son propre savoir être au savoir médical tel est le but d’un programme d’éducation thérapeutique pour le patient. Le médecin dans cette aventure devient alors un accompagnateur, une intermède, un catalyseur : il ne sait pas vraiment où le patient va parvenir et il chemine en même temps que lui. Chacun s’enrichit de l’expérience de l’autre et parfois en éducation thérapeutique on ne sait plus qui éduque qui ?

Cette façon d’envisager la médecine demande cependant beaucoup de respect. Respect du médecin envers le patient, respect du patient envers le médecin. Demander aux médecins de changer leur façon de faire, d’envisager le patient comme un acteur de sa santé et se mettre au même niveau, de prendre soin dans un rapport horizontal d’égalité et non vertical de domination est très difficile. 

Cela demande beaucoup de confiance et c’est la raison pour laquelle depuis quelques semaines je baigne dans un lac d’incompréhension totale. Comment le principal dirigeant du collectif représentant les patients (CISS) a-t-il pu insulter de la sorte des médecins libéraux ? Sans doute y avait-il un calcul politique caché derrière ce propos. Il n’en reste pas moins vrai que je comprends mal ce discours dans la bouche de quelqu’un qui a contribué à l’instauration de l’éducation thérapeutique en France. Monsieur S…, dois-je prononcer votre nom et votre rapport quand on me demande de convaincre des médecins de faire de l’éducation thérapeutique ? Il paraît que vous êtes taquin, moi aussi : vous avez joué un très mauvais tour aux médecins libéraux qui sont comme nous persuadés que l’éducation thérapeutique est l’avenir de la Médecine.

En vérité nous savons bien que les hommes sont souvent beaucoup plus petits que les causes qu’ils défendent ou disent défendre et à titre personnel nous vous pardonnons cette saillie. Pardonner est indispensable pour qui ne souhaite pas stimuler de façon inutile son amygdale et risquer par là même d’augmenter son risque d’infarctus par une colère inutile. Nous tenions cependant à vous faire part de notre incompréhension car une étude récente vient de montrer que dans le couple les épouses qui ne parlent pas de leur ressenti à leur conjoint multiplient le risque de pathologie coronaire par 3.

Certains pourront rétorquer que je ne suis pas une femme et qu’heureusement pour moi nous ne sommes pas mariés… mais si jamais l’improbable se produisait, j’aimerais bien que vous me promettiez devant le maire de ne pas être trop macho avec moi et que vous cessiez d’utiliser ce que vous appelez de l’humour et qui ressemble à s’y méprendre à de la méchanceté… Mais je réalise… si vous êtes sur notre site c’est sans aucun doute parce que vous souhaitez vous inscrire à notre programme ?

« Maintenant, Monsieur S, respirez calmement… expirez lentement et souriez et même LOL comme disent les jeunes accros du SMS en pensant à la satisfaction de cet homme qui use et abuse de la relaxation… et voilà c’est aussi simple que ça… et en plus ça peut rapporter gros… presque autant que… non là j’arrête, je vous taquinais. »

Ps : pour les nuls des SMS, LOL signifie "Laughing out loud" c’est à dire : mort de rire. Ce qui est toujours mieux que mourir de colère… encore que mourir c’est toujours mourir… on en reparle le mois prochain.


Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°15 - Février 2010

    Eros et Thanatos

Il y a un mois la terre a tremblé en Haïti et à ce jour le bilan est hors de l’entendement.

Nous n’avons pas évoqué cette catastrophe dans le dernier éditorial pour ne pas succomber à l’immédiat émotionnel. Ce drame nous montre encore une fois que la mort et la vie ne sont pas deux éléments distincts si faciles à séparer. Une pulsion de vie extraordinaire accompagne toujours un moment de désolation extrême. La vie et la mort sont intimement liées, Eros et Thanatos sont les deux faces du vivant.

Près de 220000 victimes ont péri écrasées sous les décombres. Lors de ce séisme, un nombre non négligeable, à jamais inconnu, d’êtres humains est mort de peur, en raison de la survenue d’un infarctus, d’une mort subite par troubles du rythme ventriculaires ou par asystolie qu’il s’agisse de patients connus ou non comme cardiaques.

Plus de 8 jours après la première secousse, alors que les sauveteurs commençaient à abandonner les recherches, un nourrisson âgé de 3 semaines a été extrait vivant d’une anfractuosité. Une adolescente de seize ans a survécu à plus de 15 jours d’enfouissement. Malgré cette catastrophe les haïtiens sont unis, se regroupent, chantent, prient et retrouvent confiance en la vie.

Par quels mécanismes biologiques un nouveau-né sans défense, sans eau, sans nourriture est-il capable de survivre ? Par quels ressorts psychologiques une jeune fille trouve-t-elle assez de ressources en elle pour ne pas s’abandonner à la mort, par quels liens sociaux des êtres humains, déjà marqués par la précarité de leur existence, font-ils face à tant de malheur ?

Bien sûr il existe quelques réponses scientifiques à de telles questions. Nous devons cependant admettre que parfois la réalité de vie est plus étonnante que tout ce que nous pouvons imaginer. Nous avons ainsi tendance à penser que nos capacités d’adaptation ont été mises en place au cours de l’évolution des espèces pour privilégier la survie de l’individu, c’est le fameux « struggle for life », un combat permanent pour notre propre survie souvent au dépens de celle des autres. Il n’en est rien, cette volonté de survie egocentrique de l’individu n’est qu’une facette de l’être humain ou plus exactement du monde animal.

Frans de Waal, éthologue et professeur de psychologie à Atlanta aux États-Unis vient d’écrire un livre intitulé « L’âge de l’empathie, leçons de la nature pour une société solidaire » dans lequel il cite des observations animales qui éclairent d’un jour nouveau la nature de l’être humain : des chimpanzés sont capables de lécher les plaies de congénères attaqués par des léopards et de ralentir l’allure de la fuite pour que les blessés ne soient pas isolés. Ils sont capables également de se priver de nourriture, si cet apport d’aliment provoque souffrance ou privation pour un de leurs semblables. Ces exemples ne se limitent pas aux chimpanzés, on rencontre ce type de comportement pour de nombreuses espèces plus éloignées de l’homme : les oiseaux, les serpents ou les éléphants.

L’adaptation de l’être humain pour survivre est loin d’être une réaction monolithique et univoque. Elle repose sur un triptyque biopsychosocial. Elle associe des capacités biologiques insoupçonnées, des réactions psychologiques de compétition et parfois d’agressivité, mais aussi une disposition naturelle à l’empathie, à l’altruisme et à la compassion. Une catastrophe comme celle survenue en Haïti, nous rappelle que le véritable objectif de l’adaptation n’est pas de survivre pour soi-même, mais de survivre pour vivre ensemble. Survivre pour une société solidaire : telle est la grande leçon que nous donne le monde animal.

  1. Frans de Waal. L’âge de l’empathie, leçons de la nature pour une société solidaire. Editions Les liens qui libèrent.2010
  2. Pierre Le Hir. Des animaux doués d’empathie. Le Monde 27 Février 2010

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page
LE M'EDITO N°14 - Janvier 2010

C’est l’amour qui mène le monde

    Comment le monde peut-il fonctionner ? Qui le fait avancer ? Qu’est-ce qui le fait tenir debout ? Est-ce le pouvoir, la force, la violence, l’argent, l’intérêt…??

    Non bien entendu, c’est l’amour : vous vous en doutez, mais souvent vous en doutez.

    Alors en ce début d’année je vous apporte deux nouvelles preuves scientifiques témoignant de cette absolue vérité : au delà des apparences trompeuses de notre monde quotidien, c’est bien l’amour qui est le moteur du monde. L’amour sous toutes ses formes : soutien, entraide, gratitude, respect, altruisme, don…

    Une équipe de chercheurs européens s’est ainsi intéressée à la question suivante : comment les européens sont-ils aussi rapidement passés il y a environ 10000 ans d’une société de chasseurs-cueilleurs à une société de cultivateurs ? Est-ce par un simple transfert de technologie depuis le Moyen-Orient ou grâce à l’invasion brutale de quelques fermiers-guerriers ? La vérité est plus douce : l’étude du chromosome Y transmis de père en fils de façon immuable nous apprend que des cultivateurs venus d’Orient ont progressivement émigré vers l’Europe et que les jolies filles locales ont trouvé ces jeunes gens suffisamment à leur goût pour les aimer et faire ensemble de beaux enfants auxquels leurs pères ont enseigné avec amour l’art de la culture.

    Cet exemple ne suffit peut-être pas à vous convaincre et vous vous dites que j’embellis le tableau d’une histoire qui a peut-être été plus féroce avec force violence, viols et autres vilenies. Tournons nous alors vers nos lointains ancêtres qui partagent tant de gènes avec nous, je veux parler de chimpanzés.

    Dans un monde où l’égoïsme et l’individualisme forcené ont le vent en poupe, nos cousins au front bas nous donnent une belle leçon d’humanité et d’amour. Un groupe d’anthropologues allemands et suisses ont, au terme de vingt ans de travaux, découvert que les chimpanzés en liberté sont capables d’altruisme et adoptent de façon spontanée les orphelins issus d’une autre communauté. Ce comportement se retrouve aussi bien chez les mâles que chez les femelles et il est d’autant plus marqué que la menace autour de l’orphelin est plus importante.

    Pourquoi parler d’amour dans une rubrique consacrée au stress ? Tout simplement parce que c’est une des meilleures stratégies pour en réduire les effets, même si parfois les scientifiques en psychologie ont peur de l’appeler par son vrai nom et le désignent en termes plus froids (soutien social, entraide) ou le réduisent à une grande inondation de vos amygdales cérébrales par l’ocytocine…

    Un dernier mot : aimez vous signifie d’abord aimez vous vous-mêmes, ceci permet de mieux aimer les autres.

    PS : ce petit mot du mois n’a bien entendu aucun rapport avec une quelconque actualité nationale ou internationale récente…!!!

  1. Balaresque P, Bowden GR, Adams SM, Leung H-Y, King TE, et al. (2010) A Predominantly Neolithic Origin for European Paternal Lineages. PLoS Biol 8(1): e1000285
  2. Boesch C, Bolé C, Eckhardt N, Boesch H (2010) Altruism in Forest Chimpanzees: The Case of Adoption. PLoS ONE 5(1): e8901

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page
LE M'EDITO N°13 - Décembre 2009

Le Thé de Noël

    Une année se termine : elle a été riche d’émotions, de rencontres, de succès, de difficultés, de vie tout simplement.

    Ce moment de fêtes est toujours particulier, un peu comme un temps suspendu entre deux années. Temps de l’attente, de l’enfance, de l’impatience des cadeaux. Temps de fêtes, de repas, de petits plats et de bons vins. Temps d’échange, de partage, de retrouvailles. Temps de l’entourage, de la famille, de l’humanité.

    Ne vous culpabilisez pas trop si vous faites quelques petites entorses à votre régime crétois, les effets néfastes de quelques abus momentanés seront largement compensés par le bénéfice obtenu en partageant ces moments privilégiés, en distribuant votre lot de tendresse et en acceptant celle qu’on vous donne.

    C’est vrai, consommer trop de graisse et de sucre est néfaste pour les artères, mais la solitude l’est tout autant comme viennent de le montrer à nouveau deux études (1,2) publiées ce mois-ci à propos de l’insuffisance coronaire et l’insuffisance cardiaque : profitez donc de ce moment pour rappeler à ceux qui vous entourent combien ils sont importants et combien vous les aimez.

    Je vous conseille de le faire au coin du feu, si vous le pouvez, autour d’une bonne tasse de thé de Noël : ce thé noir si particulier au goût d’épices et de cannelle. De multiples travaux (3) montrent l’action bénéfique du thé sur la paroi artérielle par l’intermédiaire de substances appelés catéchines, formes particulières des polyphénols au pouvoir antioxydant, qui inhiberaient les phases initiales de la formation de l’athérome, contribuant ainsi à réduire le risque d’infarctus.

    Pour vraiment vous enlever toute culpabilité en ouvrant une bouteille de champagne après le thé, je vous rapporte l’étude qui vient d’être publiée dans le British Journal of Nutrition : le Docteur Jeremy Spencer de la très sérieuse Université de Reading en Angleterre vient de montrer avec son équipe de recherche en nutrition (4) que consommer quotidiennement deux verres (coupes ou flûtes... ce n’est pas précisé) est bénéfique pour le cœur, car le champagne contient aussi des polyphénols. Cela était déjà connu en particulier pour le vin rouge ; remercions les Anglais dont la qualité du vignoble est bien connue de s’intéresser à un des nos emblèmes nationaux.

    Pour ceux qui détestent le bourgogne et le champagne, les polyphénols sont également présents dans les olives, les brocolis, les poireaux, les myrtilles et… les oignons, mais pour ces derniers, consommez-les de préférence le 2 Janvier après les bisous du réveillon… !!!

    Meditas Cardio vous souhaite à tous un joyeux Noël et une bonne année 2010.

  1. Lofvenmark C .Perceived loneliness and social support in patents with chronic heart failure. Eur J Cardiovascul Nurs 2009 ,4 :251-8
  2. Thurston RC. Women,loneliness, and incident coronary heart disease. Psychosom Med 2009 , 8 : 836-42
  3. Naito Y. Tea and heart Health . J cardiovascul Pharmacol 2009,54 :385-90
  4. Vauzour D, Spencer JP. Moderate Champagne consumption promotes an acute improvement in acute endothelial-independent vascular function in healthy human volunteers.Br J Nutr. 2009 , 30:1-11

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°12 - Novembre 2009

Noël avant l’heure

    Oui… oui… je sais… je vous dois des excuses pour avoir manqué à ma mission : j’ai failli ne pas écrire ce petit édito du mois de Novembre.

    Je vous imagine courroucés de n’avoir pu lire ces quelques lignes ce mois-ci ou très inquiets pour ma santé imaginant je ne sais quelle catastrophe survenue brusquement et qui m’aurait abattu impitoyablement, par exemple, une attaque de virus H1N1 au coin d’un bois la nuit venue, ou peut-être étiez vous en réalité ravis de me deviner en vacances, allongé sur un hamac tendu entre deux cocotiers et faisant la sieste bercé par le bruit des vagues… mais je fantasme, je m’illusionne, je me trompe : vous ne vous êtes sans doute même pas rendus compte de cette absence !!! … Je vais cependant vous donner les vraies explications à ce retard car je sens bien que malgré votre apparente indifférence vous brûlez de savoir la vérité.

    Rassurez-vous, je n’ai été ni victime d’un burn-out ni d’un stress aigu en regardant un match de foot guère estimable il y a quelques jours, j’ai tout simplement ouvert les cadeaux de Noël en avance, cela a pris du temps mais je n’étais pas seul, je n’ai pas fait cela en cachette, nous étions un petit groupe du Projet Méditas et nous avons commencé à ouvrir les cahiers d’évaluation du programme au terme de six mois de travail sur la gestion du stress.

    L'ouverture a été assez longue, car la quasi totalité des participants a répondu et beaucoup nous ont fait part de réflexions personnelles. La place manque dans cet édito pour toutes les retransmettre et je ne mentionnerai que celle qui nous a le plus émus.

    C'est une pépite d'or qui récompense les efforts investis dans ce projet aussi bien de la part des acteurs que des patients qui ont accepté de le suivre.

    Je vous la donne en cadeau : « Grâce à ce projet, j'ai enfin compris que j'étais important et précieux ».

    Un vrai cadeau de Noël en plein mois de Novembre. Que dis-je un cadeau, un vrai présent… car vivre au présent est un cadeau. Je n'en écris pas plus…


Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°11 - Octobre 2009

Le corps et l'esprit

    Connaissez vous Phineas Gage ? Peut être pas… Pour ma part j'ai fait sa connaissance il y a quelques années mais, jusqu'à présent je ne l'avais jamais vu. Il faut dire que Phineas est mort le soir du 21 mai 1860 et nous avions donc peu de chance de nous rencontrer au coin de la rue.

    Laissez moi vous raconter son histoire peu commune : en 1848, Phineas est chef d'équipe dans le Vermont aux Etats-Unis sur un chantier de construction d'une ligne de chemin de fer. Le 13 Septembre, il doit faire sauter un rocher et commet une erreur dans la préparation de la charge explosive.

    Il n'a pas le temps de se protéger. Une barre à mines lui traverse la tête, entrant par l'orbite gauche et ressortant par le haut du crâne à droite. Alors qu'il aurait dû être tué sur le coup Phineas ne perd pas connaissance et continue à parler.

    Il est ramené dans sa chambre d'hôtel et il est pris en charge pendant quelques jours par le Docteur John Harlow. Quelques semaines plus tard, à la surprise générale, il ne semble pas présenter de séquelles neurologiques majeures : ni trouble de la marche, de la sensibilité, du langage, ni perte de ses connaissances ou de sa mémoire ; en revanche il présente des troubles de l'humeur, devient asocial et surtout il est incapable de faire des choix adaptés dans sa vie.

    Antonio Damasio, neurophysiologiste américain, a particulièrement étudié, depuis la fin des années 80, le cas de Phineas allant même jusqu'à reconstruire virtuellement le trajet de la barre à mine sur un scanner. Ses conclusions sont intéressantes : Phineas a subi des lésions irréversibles dans une zone très particulière du cerveau, le lobe préfrontal gauche. Cette région complexe joue un rôle fondamental en recevant en particulier les informations issues du cerveau limbique, c'est à dire nos informations émotionnelles, celles qui proviennent directement de notre corps.

    Antonio et Hannah Damasio emploient alors le terme de marqueurs somatiques et confirment que sans l'information provenant de notre corps, notre cerveau est orphelin : il pense, il calcule mais il n'est pas vraiment vivant, il n'a pas le « sentiment de soi » pour reprendre le titre du livre de Antonio Damasio publié en 1999.

    Sans perception de ses émotions Phineas était devenu incapable de faire les bons choix pour orienter sa vie. Les chamans indiens faisaient la différence entre le souvenir froid qui ne concerne que mon cerveau (date de la bataille de Marignan…) et le souvenir chaud qui engage tout mon être, corps et esprit (le souvenir de l'odeur de la tarte à la mirabelle de ma grand-mère…). L'être humain est corps et esprit et il est vain de vouloir séparer ce qui n'a pas à l'être.

    Pourquoi vous parler de Phineas aujourd'hui ? Il y a deux raisons à cela. La première est que je viens d'apprendre par un article du journal « Le Monde » que la seule et unique photo de Phineas vient d'être découverte par hasard : bien que borgne il s'agit d'un bel homme, solide, tenant fièrement à la main sa barre à mines tel un trophée. Il est émouvant de découvrir le visage de cet homme qui n'était jusqu'alors qu'un nom et un scanner reconstruit. Par l'émotion suscitée il redevient en quelque sorte vivant. Il quitte le souvenir froid pour devenir un souvenir chaud.

    La deuxième raison est d'ordre symbolique. Les connaissances intellectuelles de notre cerveau sont fondamentales mais l'être humain est à la fois un corps et un esprit qui se complètent sans s'opposer. Il en est de même pour l'éducation thérapeutique qui doit favoriser une transmission de connaissances mais aussi une prise en charge psychosociale car comme l'être humain est corps et esprit, la maladie est biologique, psychologique et sociale.

    Eduquer ce n'est pas seulement enseigner, c'est donner suffisamment confiance à l'autre pour qu'il puisse parler en son propre nom, avec ses mots et avec son corps.

Prenez soin de vous…


Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°10 - Septembre 2009

    Fragilité et solidarité

    20 Septembre et je n'ai toujours pas rédigé mon billet mensuel pour Meditas. Les vacances sont finies, je les ai surtout occupées à marcher. Je pensais donc vous faire un petit édito sur les bienfaits de la marche, véritable méthode de psychothérapie… je vous en parlerai plus tard, ce n'est que partie remise. J'ai retardé l'heure de vous écrire, car j'hésitais à vous faire part de ma colère, une saine colère, une saine indignation.

    Des hommes et des femmes se suicident sur leur lieu de travail : ils n'ont pas trouvé d'autre issue à une situation qui leur semble insupportable. Ils n'ont plus d'autres solutions que de mettre eux mêmes fin à leurs jours. Le drame est trop grave pour le politiser ou jouer sur l'émotionnel. Bien sûr il y aura toujours une voix ambiguë pour expliquer que ces personnes étaient « fragiles ». J'aimerais qu'on m'explique ce qu'est la fragilité, j'aimerais qu'on me présente un être humain non fragile : la fragilité, c'est la définition même de l'humain.
 
    Oui, l'être humain est fragile quand il est pris isolément, c'est notre « vivre ensemble » qui nous rend si fort : l'homme est vulnérable, l'humanité devient solide par la solidarité.

    Ce qui arrive à ces hommes et à ces femmes peut nous arriver, nous sommes tous fait de la même terre, même les plus forts apparemment peuvent s'écrouler sur le lieu de travail ou en faisant leur jogging.

    La raison en est simple, l'être humain est limité. Nous sommes constitués pour vivre en équilibre entre le pas assez et le trop. Pas assez de stimulation nous tue : sans aucune stimulation après la naissance et dans notre enfance nous serions morts comme les enfants abandonnés dans certains orphelinats ou notre cerveau ne serait pas ce qu'il est, nous serions débiles. Trop de stimulation peut nous tuer tout autant, à l'exemple de ces employés japonais qui travaillent plus de 24 heures d'affilée et s'écroulent morts d'épuisement.

    L'être humain est fragile, vulnérable : ses possibilité d'adaptation sont limitées, n'en déplaisent à certains qui voudraient lui infliger des demandes qui elles peuvent, bien entendu, être illimitées.

    Tenter d'aider d'autres humains à préserver leur santé en minimisant les effets du stress peut sembler utopique, peu nous importe : cette position du « un peu mieux » nous semble préférable à l'aveuglement des partisans et artisans du « toujours plus ».

    Prenez très grand soin de vous…

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°9 - Août 2009

    Le burn-out et le pouvoir de la vacance.

    Il fait chaud, les orages grondent, les villes sont un peu plus vides, les plages beaucoup plus remplies… c'est le temps des vacances.

    Grand fantasme qui voudrait nous faire croire que tous les Français partent se faire bronzer… c'est faux, beaucoup restent chez eux pour de multiples raisons, personnelles, familiales, financières. Et d'ailleurs être en vacances est-ce obligatoirement partir ?

    Pour ma part, je voulais me mettre en vacances et ne pas écrire ce petit billet ce mois-ci, mais une actualité aussi brûlante que le soleil du mois de Juillet et ses attaques de burn-out m'y invitent pour un bref moment et juste pour quelques lignes.

    Vacance : ce mot magnifique vient du latin « vacare » et désigne tout simplement un temps, un moment de liberté, de vide. Être en vacances, ce n'est donc pas nécessairement partir loin et occuper tout son temps de loisir à courir, à s'agiter, à visiter, à faire. Être en vacances, c'est accepter d'être libre et vide, de s'accorder du temps pour penser, pour flâner, pour méditer, pour contempler, du temps pour se retrouver soi-même, du temps pour rien ou presque rien… tout simplement du temps pour être, du temps pour respirer.

    La respiration est un merveilleux condensé de vie : un temps actif (l'expiration), un temps passif (l'inspiration)… l'inspiration passive qui nous amène l'oxygène indispensable pour vivre est le symbole des vacances. Il ne peut y avoir de vie sans phase de repos, sans pause. Juste une pause pour se poser, se re..poser.

    Il n'est pas besoin de partir loin pour être en vacances. Être en vacances est un état d'esprit au quotidien qui consiste à accepter et à rechercher ces temps apparemment vides. Ils sont en fait débordants de vie et source d'énergie inépuisable.

    Savoir s'accorder un peu de vacance tous les jours, voilà la meilleure façon de lutter contre le burn-out…

    Bonnes vacances (presque) permanentes à Tous.

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°8 - Juillet 2009

    Moins de cheveux blancs pour les hommes verts…

    Non, ce n'est pas le titre d'un mauvais film de science-fiction des années 50, mais parlons cependant cinéma.

    « Home » : Peut être avez vous vu ce film choc de Yann Arthus-Bertrand dont les seuls défauts sont d'avoir rendu la pollution parfois esthétique et d'avoir filmé la terre depuis un hélicoptère bien sûr très polluant… Ce film a cependant le grand mérite de bien poser la question de l'avenir de notre planète bleue si nous continuons à croire que les ressources sont inépuisables et que la croissance et la consommation ressemblent à un arbre qui pourrait pousser jusqu'au ciel et plus haut encore... jusqu'à l'infini.

    Pourquoi parler d'écologie ? Tout simplement parce qu'il n'y a aucune différence entre nous et la Terre. L'Homme appartient à la planète, l'Homme est une terre en réduction.

    Nous devenons de plus en plus sensibilisés au respect de l'environnement, l'écologie est sur toutes les lèvres, du politique au fabricant de yaourt, mais qu'en est-il de notre écologie personnelle ? Que faisons nous pour notre développement durable ?

    Bien sûr je ne verse plus mon huile de vidange dans le ruisseau au fond de mon jardin (en fait je ne l'ai jamais fait et je n'ai pas de ruisseau au fond du jardin !!!) mais est-ce que je fais vraiment attention à ce que je mange ? Ai-je conscience que parfois je me pollue par le tabac, par le sucre en excès, par l'inactivité ?

    L'écologie personnelle, c'est aussi lutter contre la politique des hauts rendements. Cela ne veut pas dire être paresseux, mais admettre que, comme la terre, nos capacités de production ne sont pas infinies et que l'Homme peut  aussi s'épuiser. Nos ressources personnelles ne sont pas infinies. La Terre peut devenir stérile si nous ne la respectons pas, nous pouvons devenir désertiques si nous ne respectons pas les limites qui sont les nôtres : c'est alors le burn-out.

    Burn-out de notre planète, burn-out individuel… les mécanismes sont les mêmes. Dans l'écologie politique, ne négligeons pas une politique écologique individuelle : diminuons les engrais qui nous engraissent, mettons nous régulièrement en jachère, faisons le tri sélectif de nos activités, en un mot mettons nous au vert…

    Mettons nous au vert pour avoir moins de cheveux blancs.

    Comme dans les champs, avez vous remarqué que des fleurs poussent régulièrement sur le sommet de notre crâne : cheveux courts ou longs, blonds, roux, noirs, auburn… , enfin gris ou blancs quand les années passent. Parfois ces fleurs blanchissent précocement : une équipe japonaise (1) vient de montrer que le stress chronique entraine des modifications génétiques qui provoquent une altération au niveau des cellules responsables en particulier de notre couleur de cheveux (les mélanocytes).

    Moins de cheveux blancs… encore une bonne raison de mieux gérer notre stress.

    1.K. Inomata. Genotoxic stress abrogates renewal melanocytes stem cells by triggerins their différenciation. Cell ; 137,6 :1088-99

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°7 - Juin 2009

    Connaissez vous le syndrome de l'étiquette ?

    Rassurez vous, il ne s'agit pas d'une nouvelle maladie contagieuse propre à déclencher la panique et l'office mondial de la santé n'a pas encore mis sur ce syndrome le niveau d'alerte 6 et pourtant il le mériterait.

    En effet le syndrome de l'étiquette est pandémique, il nous atteint tous, peu ou prou, et il fait aussi de multiples dégâts. De quoi s'agit-il ? C'est cette façon que nous avons de coller des étiquettes péremptoires et définitives sur les situations, sur les gens, sur nous-mêmes, le plus souvent d'ailleurs des étiquettes négatives.

    Vous savez bien : " ça, je n'y arriverai jamais " " ah, non ça ce n'est pas pour moi " " lui, c'est vraiment pas un tendre " " de toutes façons j'ai toujours été comme ça, mon père l'était aussi ".

    Coller une étiquette nous rassure. Les humains ont toujours pensé que donner un nom ou nommer une situation permet de la maitriser, cela nous permet aussi d'éviter le changement qui est source d'inquiétude. Coller une étiquette nous permet surtout d'ignorer que tout être humain (moi, les autres) ou toute situation est complexe, contenant à la fois une réalité et son contraire.

    Quelques exemples caricaturaux d'étiquette : les Anglais mangent mal, les Italiens sont roublards, les Français sont râleurs et les Suisses sont lents, ("y'a pas le feu au lac"… à prononcer avec un fort accent trainant de préférence).

    Les Suisses sont peut être lents mais ils sont innovants. La preuve : leur soi-disant lenteur vient encore de frapper un grand coup dans leur dernier référendum (votation populaire). Ils ont décidé à une majorité de 67% d'inscrire les médecines complémentaires dans leur constitution.

    Le texte précise " la Confédération et les Cantons pourvoient dans les limites de leurs compétences respectives à la prise en compte des médecines complémentaires ".

    Vous imaginez, une prise en compte des méthodes de relaxation, d'hypnose, de sophrologie, des autres techniques de psychothérapies pour améliorer la santé… décidément la Suisse est vraiment lente et en retard... ( Humour…)

    Souhaitons que cette lenteur suisse soit aussi contagieuse que le syndrome de l'étiquette et qu'elle nous fasse vite progresser sur le même chemin.


    Article du Monde, le 22 Mai (Agathe Duparc) : "En Suisse, les médecines alternatives sont plébiscitées".

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°6 - Mai 2009

    En Mai, Rions de bon cœur

    Les dictons sur le mois de Mai fleurissent aussi facilement que les arbres de nos jardins, il est par conséquent tout à fait permis d'en inventer un nouveau, ce d'autant que celui-là est d'actualité.

    La vie est étonnante et parfois elle nous donne à réfléchir sur le sens du hasard. Le hasard, vous savez bien, cette chose étrange qui parfois met sur votre chemin ce que vous cherchiez, ou vous fait rencontrer au bon moment la personne dont vous aviez justement besoin.

    Hasard surprenant, étonnant, parfois bouleversant, ou simplement amusant comme celui qui réunit ce petit message à celui du mois d'Avril.

    Il y a quelques semaines en effet, je vous ai parlé de la colère et de ces effets néfastes pour le cœur et pour la santé de façon plus générale. A la fin de ce petit billet, je recommandai de rire le plus souvent possible et d'utiliser ce remède sans aucune retenue car il n'y a aucun effet secondaire néfaste au rire, rien que des résultats positifs.

    A peine avais-je terminé cet éditorial que… comble du hasard… une bonne et intéressante nouvelle est tombée en direct du dernier congrès Américain de Physiologie. Une équipe de chercheurs a eu l'idée d'un protocole très simple : faire rire un groupe de patients diabétiques et les comparer un an plus tard à un groupe témoin ne riant pas (il s'agissait pour les rieurs de se fendre la bobine pendant une demi heure par jour en regardant des films comiques qu'ils sélectionnaient eux mêmes).

    Il s'agit d'une étude sur un petit groupe mais les résultats sont surprenants : les marqueurs inflammatoires de l'athérome (CRP pour les spécialistes…) baissent de plus de 60% chez les rieurs et le bon cholestérol augmente de 26% dans ce même groupe des rigolos. Ce résultat est d'autant plus intéressant qu'à ce jour aucun traitement médicamenteux n'est capable d'augmenter de façon aussi significative le bon cholestérol qui protège nos artères.

    Du rire, du rire, de la bonne humeur, une activité régulière et une nourriture équilibrée et nos artères se porteront mieux.

    Si vous trouvez que ces conseils vous prennent trop de temps (marcher une demi-heure, rire une demi-heure, vous relaxer une demi-heure… etc), vous pouvez bien sûr marcher tout en méditant et en croquant une carotte ou une pomme mais attention à ne pas vous étrangler en riant à gorge déployée devant le plaisir de vivre…

    Rions de bon cœur...

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°5 - Avril 2009

    Avez vous vu ce projet de loi en discussion depuis quelques jours à l'assemblée nationale sur proposition de notre Ministre de la bonne humeur et de la joie de vivre ? Cette loi envisage de condamner toute personne se mettant en colère de façon récidivante (la loi mentionne trois colères dans l'année) à exprimer sa rage devant un jury en ayant pris soin de mettre un nez de clown et ce jusqu'à ce que les juges et le condamné soit pris d'un fou-rire inépuisable…

    Poisson d'avril… pas tant que cela !!! Cette coutume (sans le nez de clown bien sûr) qui nous semble étonnante est entretenue par le peuple Inuit chez qui le rire est sacré. Les Inuits apprennent à rire à leurs enfants, car pour eux le rire est harmonie, ordre et ouverture au monde.

    Faux poisson pour parler d'un vrai poison : la colère.

    Qui ne s'est jamais mis en colère ? Personne sans doute et certaines colères semblent justifiées. Il faudrait plus justement écrire certaines indignations sont justifiées. Le pouvoir d'indignation devant une violence, une injustice est une richesse de l'âme humaine. La colère est un poison humain, car elle blesse plus sûrement celui qui la ressent que celui contre qui elle est dirigée.

    Pourquoi vous parler de colère en ce début de mois d'Avril alors que tout invite à la douceur et à l'amour (au début du vingtième siècle le 1er Avril était la fête du bonheur et de l'amour) : les arbres en fleurs, les soirées qui rallongent comme par enchantement, la douceur du soleil, les chants de parade amoureuse des oiseaux… et pas seulement des oiseaux ?

    Tout simplement à cause d'un article qui vient de sortir dans le très sérieux Journal of American College of Cardiology qui nous démontre, multiples preuves à l'appui, que la mauvaise humeur (l'hostilité) et surtout la colère sont très néfastes non seulement pour les patients ayant déjà des soucis cardiaques, mais également pour tous ceux qui se sentent apparemment en pleine santé : la colère augmente de façon importante le risque d'infarctus et de mort subite. Certes, cela était déjà connu mais cette métaanalyse (revue complète de toute la littérature sur le sujet) permet maintenant de pouvoir l'affirmer sans contestation possible.

    Un petit conseil du Docteur Meditas : la prochaine fois que vous sentez monter en vous la colère, ne cherchez pas à la contenir, isolez vous, mettez vous face à une glace (une petite glace avec juste votre visage peut faire l'affaire, mais avec un grand miroir de façon à vous voir entièrement des pieds à la tête, c'est encore plus drôle), mettez un nez de clown (0,80 euro) et exprimez votre colère face à vous même… L'effet est radical : personne ne résiste plus de 3 minutes à ce doux supplice sans exploser de rire… Vous allez sentir votre corps s'alléger, la colère vous quitter, vous serez passés du stade de la colère à l'humour ou à celui de l'indignation qui n'est pas néfaste et vous permettra d'agir de façon constructive sans vous blesser.

    PS : si la posologie n'est pas suffisante, abusez du remède, il n'y a aucun effet secondaire néfaste du rire.

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page
LE M'EDITO N°4 - Mars 2009

En Mars… des histoires de cailloux.

    Raconter des fables et des contes est une des solutions que l'être humain a trouvé pour exprimer ce qui est essentiel pour lui, ce qui est du domaine de l'indicible. Pour certains, à la première lecture, ces histoires paraissent un peu enfantines, simples, niaises sans doute parce qu'elles cachent une part de vérité qui dérange notre quotidien mais, si nous nous laissons toucher elles ont le pouvoir modifier profondément notre vision des choses.

Deux fables de cailloux pour vous accompagner ce mois ci.

La fable du sable et des gros cailloux :

    Un jour, un vieux professeur de l'école nationale d'administration fut engagé pour donner une formation sur la gestion efficace du temps à un groupe d'une quinzaine de dirigeants de grosses entreprises. Ce cours constituait l'un des sept ateliers de leur journée de formation. Le vieux professeur n'avait donc qu'une heure pour exposer son sujet.

    Debout devant ce groupe d'élite, il les regarda un par un, lentement, puis leur dit : "nous allons réaliser une expérience". De dessous la table qui le séparait de son auditoire, il sortit un immense pot de verre qu'il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de gros cailloux et les plaça minutieusement un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu'au bord et qu'il fut impossible d'y ajouter un seul caillou, il leva les yeux vers ses élèves et leur demanda : "est-ce que ce pot est plein" ? Tous répondirent : "oui"
 
    Il attendit quelques secondes et ajouta : "vraiment" ? Alors il se pencha de nouveau et sortit un récipient rempli de gros gravier. Avec précaution, il versa ce gravier sur les gros cailloux, puis brassa légèrement le pot ; les morceaux de gravier s'infiltrèrent entre les cailloux… jusqu'au fond du pot. Le vieux professeur leva les yeux vers son auditoire et redemanda : "est-ce que ce pot est plein ?" Cette fois, ses brillants auditeurs commençaient à comprendre son manège. L'un d'eux répondit : "probablement pas !" "Très bien !" répondit le vieux professeur.
 
    Il se pencha à nouveau et cette fois, sortit un récipient de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les petits interstices entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : "est-ce que ce pot est plein ?" Cette fois, sans hésiter et en chœur, tous les dirigeants répondirent : "non !" "Parfait !"  dit le vieux professeur.

    Puis, comme s'y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d'eau qui était resté sur la table et remplit le pot jusqu'à ras bord. Il leva alors les yeux vers son groupe et demanda : "quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?" Pas fou, le plus audacieux des dirigeants, songeant à l'intitulé du séminaire de formation, répondit : "cela démontre que même lorsque l'on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire".

    "Absolument pas", répondit le vieux professeur, "ce n'est pas du tout cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante :  si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra plus jamais les faire entrer ensuite". Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l'évidence de ces propos.

     Le vieux professeur leur dit alors : "quels sont les gros cailloux dans notre vie ? Notre santé ? Notre famille ? Réaliser nos rêves ? Faire ce que nous aimons ? Apprendre ? Défendre une cause ? Nous relaxer ? Prendre du temps ?… ou tout autre chose ? Ce qu'il faut retenir, c'est l'importance de mettre nos gros cailloux en premier dans notre vie, sinon nous risquons de ne pas réussir… notre vie. Si nous donnons priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), nous remplirons notre vie de peccadilles, et nous n'aurons plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments essentiels de notre vie. N'oublions jamais de nous poser la question : quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?"

    La conférence avait duré un quart d'heure. Le vieux professeur regarda son auditoire avec un large sourire, fit un petit salut et s'en alla.

La deuxième fable du casseur de cailloux est beaucoup plus courte mais tout aussi riche de sens :

    Un homme voit au bord de la route des casseurs de cailloux.
 
    Le premier casseur de cailloux a le visage torturé. L'homme lui demande : "Qu'est-ce que vous faites?" Le casseur de cailloux répond : "J'exerce un métier affreux, je casse les cailloux, c'est dur, j'ai mal au dos, j'ai soif, j'ai chaud et en plus je suis mal payé !"

    L'homme s'approche du deuxième casseur de cailloux, qui n'a pas l'air de trop souffrir : "Qu'est-ce que vous faites ?" "Je casse des cailloux. Je travaille en plein air et je suis bien content d'avoir ce métier pour nourrir ma famille. C'est bien."

    Le voyageur s'approche du troisième casseur de cailloux, qui a un visage souriant, radieux. "Que faites-vous ?" "Vous le voyez bien ! Je bâtis une cathédrale !"

    Le geste est le même, mais c'est le sens que nous attribuons à ce que nous faisons qui provoque toute la différence.

    En Mars pour mieux gérer notre stress conservons ces "petits cailloux" dans notre poche, cherchons à redécouvrir quelles sont les choses essentielles dans notre vie et essayons de modifier notre point de vue sur le monde… c'est la voie la plus rapide et la plus efficace pour… changer un peu le monde.

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°3 - Février 2009

En Février… réveillons la femme qui est en nous.

    Depuis que le monde est monde, hommes et femmes coexistent et cohabitent avec plus ou moins de bonheur et de difficultés et assez de désir pour permettre à l'espèce humaine de se renouveler.

    Bien entendu les hommes et les femmes sont différents et même un observateur peu doué cliniquement peut aisément constater quelques dissemblances… mais au delà de ces distinctions plus ou moins marquées, la psychanalyse nous a rappelé ce que la sagesse du Tao enseigne depuis longtemps : il existe en chaque femme et en chaque homme une part masculine et féminine plus ou moins importante.

    Un article (1) paru il a quelques jours dans "European Journal Heart Failure" nous apprend que les cardiologues de sexe féminin prennent mieux en charge leurs patients en insuffisance cardiaque et respectent mieux les recommandations actuelles de traitement. Les auteurs expliquent cette différence par une plus grande empathie féminine et une meilleure écoute des patients.

    Cet article trouve un écho particulier dans le dernier numéro (2) de "Psychosomatic Medicine" où Barry Zaret, professeur de cardiologie à Yale, raconte comment il a sauvé sa femme d'un arrêt cardiaque au moment d'un infarctus. Ce médecin, cultivé, exprime avec beaucoup de sensibilité comment il a utilisé sa mémoire corporelle pour pratiquer les gestes de premier secours, comment il a employé toutes les connaissances théoriques et pratiques acquises durant de longues années de formation mais surtout il met en lumière que la médecine est avant tout humaine, faite d'un subtil mélange d'action et d'écoute, de science et d'intuition, de soin et d'empathie.

    Je ne sais pas si les femmes sont de "meilleurs" médecins que les hommes, ce qui est certain c'est que le monde est équilibre entre le jour et la nuit, le soleil et la lune, le Yin et le Yang, le masculin et le féminin, le sympathique qui véhicule notre stress et le parasympathique qui nous apaise.

    Prendre soin de soi c'est prendre en compte toutes les facettes de l'être humain en associant deux aspects qui ne s'opposent pas mais se complètent : l'efficacité de notre face masculine et l'empathie de notre face féminine, que nous soyons patient ou soignant… et bien sûr que nous soyons homme ou femme.

En Février, réveillons le féminin qui est en chacun de nous…
  1. Baumhäkel M, Müller U, Böhm M. Influence of gender of physicians and patients on guidelines recommended treatment of chronic hert failure in a cross-sectionnal study. Eur J Heart Fail. 2009 En ligne.
  2. Zaret BL. Purim in CPR. Psychosom Med, 2009 ; 71 : 6-13
Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page
LE M'EDITO N°2 - Janvier 2009

En l'an NEUF …le bonheur sera contagieux…

31 Décembre 2008… 1 janvier 2009… une année se termine… une autre débute…

    Avez-vous remarqué comme l'être humain est extraordinaire ? Il classe, il range, il nomme, il découpe le temps en tranches, il se nomme expert, il fait des prédictions sur cette année et annonce à coup sûr qu'elle sera difficile.

    Affirmer que cette année sera noire, c'est lui mettre une étiquette négative sur le dos avec notre cerveau bourré d'a priori, persuadé que la situation présente doit obligatoirement être regardée à la lumière d'un passé bégayant. Lutter contre le stress, c'est aussi apprendre à regarder une situation comme elle est, c'est à dire totalement nouvelle.  La nouveauté peut engendrer la peur, mais c'est aussi une formidable occasion de vie.

    Affirmer que cette année sera noire, c'est ne voir qu'une face des choses, alors que toute chose ou tout évènement contient son contraire. L'ombre et la lumière sont les deux jumeaux enfantés par le soleil… Tout dépend de la façon de regarder les choses : ainsi le chemin qui monte est identique à celui qui descend. Seul le regard a changé. 

    Pour cette année nouvelle l'équipe de MEDITAS Cardio vous souhaite la confiance : confiance pour contempler le monde en y portant chaque jour un regard neuf, confiance dans les capacités fabuleuses de chacun d'entre nous, confiance en l'autre et en ses surprenantes potentialités, confiance en la vie qui nous réserve parfois des surprises qu'il faut savoir saisir quand elles se présentent.

    Et pour commencer l'an neuf une petite nouvelle réjouissante du très sérieux " British Medical Journal " qui nous dit, dans une étude publiée dans le numéro du 5 Décembre 2008 à partir de la cohorte de Framingham, que le bonheur est contagieux… Quelle belle nouvelle pour les scientifiques, mais je suis persuadé que vous le saviez déjà… 

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

LE M'EDITO N°1 - Décembre 2008

Décembre 2008 : le site Meditas Cardio ouvre ses portes.

    Que tous ceux qui ont travaillé à l'élaboration de ce programme soient ici vivement remerciés ; un merci tout particulier à Jean-Claude Busac dont les compétences informatiques reconnues (Médecin Maître Toile) ont permis la naissance officielle de ce site.

    La mortalité cardiovasculaire ne cesse de diminuer depuis 40 ans. Elle vient récemment de passer en deuxième position derrière celle due au cancer. Les cardiologues sont à juste titre assez fiers du travail accompli en terme d'efficacité thérapeutique et préventive. Cependant certaines zones d'ombre persistent, en particulier l'impact négatif des facteurs de risque comportementaux (alimentation, tabac, obésité, sédentarité).

    L'objectif du Programme MEDITAS CARDIO est d'améliorer la prise en charge des facteurs psychosociaux en cardiologie par l'éducation thérapeutique ; ce facteur de risque est d'une importance majeure, car il influence la maladie artérielle de façon directe et indirecte en aggravant les autres facteurs de risque. Il est trop souvent négligé par manque d'information.

    Ce site est donc ouvert à tous ceux qui souhaitent se documenter à la fois sur les effets du stress en cardiologie et sur les méthodes de sa prise en charge : patients inclus dans le programme, professionnels de la santé, simple curieux.

N'hésitez pas à nous faire part de vos suggestions, cela nous permettra de faire vivre le site.

Pour ce mois-ci, un petit texte en cadeau pour mieux vivre l'instant présent :

On demanda un jour à un homme qui savait méditer, comment il faisait pour être recueilli en dépit de toutes ses occupations ; il répondit :

Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle.

Les gens l'interrompirent en lui disant : " Nous faisons de même, mais que fais-tu de plus ? "

Quand je suis assis, je suis assis. Quand je me lève, je me lève. Quand je marche, je marche. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle.

Les gens lui dirent encore une fois : " C'est que nous faisons aussi ! "

Non, leur répondit-il : Quand vous êtes assis, vous vous levez déjà. Quand vous vous levez, vous courez déjà. Quand vous courez, vous êtes déjà au but...

Sachons rester dans l'instant présent, cela est difficile, mais c'est la voie royale pour mieux apprivoiser le stress.

Prenez soin de vous…

Docteur MEDITAS
Impression du MéditoImprimer le Médito en format pdf

HautRevenir en haut de la page

Prenez soin de vous

MEDITAS - Retour au sommaire
Retour à l'accueil